Malaisie, de Johor Bahru à Kuala Lumpur

Publié le 2/02/2008 à 12:00, Malaisie
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MALAISIE 

 

Johor Bahru

Juste après la frontière avec Singapour, un chauffeur privé m'arnaque -rien d'extraordinaire- et me propose de loger près de l'aéroport pour le vol du lendemain pour Kota Bahru, il prend au passage une belle -she ‘works in a fabric’, il me débarque à l’hôtel, une chambre sans fenêtre et propre pouvant se louer à l'heure, et le portier de proposer ses ‘services’,

Dans l’avion, on me suggère mille destinations à visiter, mais je n’ai qu’une semaine à passer dans le pays.

 

Kota Bahru

Une atmosphère ‘musulmane traditionnelle’, un accueil tantôt très sympa tantôt réservé, des hommes vêtus du kepiah (?), partout dans les rues des femmes en robes longues et colorées, coiffées d'un foulard, on y entend aussi souvent une musique rythmée,

Des musées se visitant pieds nus, des sculptures sur bois et des traditions inspirées de l'Orient, on y met l’accent sur l’harmonie entre les 'races' malaisienne, chinoise, et indienne, un album photos de la famille royale -le rôle des sultans est officiellement religieux et symbolique, tous les cinq ans c'est un autre sultan qui devient président du pays -mais c'est le premier ministre qui dirige,

J’ai l’impression d’être dans un pays arabe -l'islam, autre force de globalisation ? La ville est un fief traditionnel du parti d'opposition farouchement opposé à la corruption paraît-il, mais l’Indonésie garde cette réputation des bakchichs nécessaires pour obtenir quoi que ce soit,

D’un côté une jeunesse urbaine 'occidentalisée', de l’autre une population fidèle aux traditions,

Les chaussures ‘bata’, comme en Indonésie,

De beaux visages aussi -je me répète, mais des visages avec foulard séduisent moins, mission remplie….les métissages existent, si papa est Indien mais musulman, maman peut être Malaisienne,

La langue ressemble à l'indonésien –je m’avance un peu trop car pour le dire, je me base sur ‘au revoir’ et ‘merci’,

Le nasi goreng servi sur un bout de feuille de bananier, on mange aussi avec les mains ou la cuiller,

Il y a moins de harcèlement en Malaisie, c’est plutôt agréable,

Dans le train pour Jerantut, une vidéo anglophone de Rail channel avec l’indication dans le générique 'suitable for every level of society',

Jerantut où les commerces sont aux mains principalement des Chinois.

 

Taman Negara

Un ‘parc national -divertissement ou éducation ?- où la jungle a encore droit de cité, mais les animaux sont partis et à ceux qui sont restés, on apprend à dire 'hello mister’, seuls trois oiseaux se laissent apercevoir au bord du fleuve,

Timide excursion -sur un chemin balisé- de vingt minutes dans la jungle, je me sens peu à l'aise, l’humidité est très importante –mes lunettes sont pleines de buée, la végétation est très touffue, les palmiers, les bambous, mais surtout d’autres feuillus divers, s’enchevêtrant ou s’enlaçant – des lianes, etc., l'écorce est souvent claire sauf à la coupe, j’imagine le cycle naturel de la photosynthèse jusqu’à la putréfaction, la terre est de couleur ocre pale, sablonneuse et facilement 'lessivable',

Peu de bruit durant la journée, contrairement au soir où les oiseaux se manifestent bruyamment,

La visite d'un village aborigène, je me sens comme dans un zoo –du genre ‘montre nous comment on fait du feu sans allumettes, comment on tire avec un sarbacane, etc’,

A l’hôtel, le salon du rez est à ‘murs ouverts’, l'air circule, le personnel est surtout féminin, toutes en foulard, l'une d'elles s'est mariée à seize ans, son mari en avait trente,

A la TV des feuilletons où l'image de la femme est plus 'moderne', les gratte-ciel de Kuala Lumpur servent de fond pour les infos, comme à Shanghai le symbole compte,

Faudrait inventer le degré 0,5 pour le ventilateur, histoire d'avoir une très légère brise pour la nuit au lieu d’un vent décoiffant les poils des narines,

Près du village, des palmiers à huile, des hévéas, dans le pays on les voit par centaines d'hectares,

Sur l'autoroute, mon bus circule à 25km/h à la montée, pourtant il dépasse un autre bus, plus loin un panneau indiquant la proximité d'un restoroute avec une icône pour la mosquée et une autre pour le MacDo.

 

Kuala Lumpur

Je fuis la ‘backpackers guesthouse’, j’en ai un peu marre de ce genre d'ambiance retrouvée à l’identique de par le monde,

La ville est moins aseptisée que Singapour, il y a un mélange de visages, Malais, Chinois, Indiens....l’architecture est très arabisante, sauf pour Chinatown évidemment… on retrouve 'Chinatown' et 'Little India'......deux nations incontournables,

Les affiches antitabac,

Dans un journal....je lis qu’il y a des cours pour apprendre à mieux aider les handicapés, qu’un avion indonésien s’est écrasé… dans un cimetière près d'un aéroport,

Un magasin avec autel bouddhique, la vente de produit 'gypsum fibrosum' marque rhinocéros, les chips de poulpe,

Un panneau signalant un rétrécissement routier, vu de loin, une silhouette féminine,

Dans un bus je croise deux jumeaux monozygotes autrichiens toubibs, les Autrichiens ne sont pas des grands voyageurs, disent-ils,

Que signifie faire du tourisme ? Si on est ‘blanc et riche’, quel lien peut-on établir ? Pour vraiment apprécier un pays, vaut mieux faire connaissance avec un habitant et voyager avec lui, mais est-ce suffisant ?

On pose une question, on écoute un commerçant, un hôtelier, parfois des réponses données en toute bonne foi sont inexactes… entre prudence ‘parano’ et confiance, ce n’est pas évident de 'doser'.

 



Indonésie, de Jakarta à Bali

Publié le 2/02/2008 à 11:58, Indonésie
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INDONESIE 

 

Jakarta

L'alphabet latin......les cigarettes parfumées à la girofle, les moustiques qui me bouffent,

Contrastant avec les luxueux buildings, souvent des hôtels, on voit les 'classiques' visages de la pauvreté, les tôles ondulées, les rues non entretenues, les gens sans boulot,

Les gens à la tenue toujours soignée mais pas ‘fashion’,

Musées et magasins sont fermés, on fête la fin du Ramadan, les gens partent dans leurs villages retrouver leur famille pour mettre terme aux éventuelles querelles, ce qui donne une capitale presque déserte, d’habitude une mégapole polluée,

La réception d'un hôtel luxueux où je prends des renseignements, la climatisation bienvenue, la musique de Mozart et consort, un autre monde,

Un pays musulman, les appels à la prière, des femmes sont voilées, d’autres ne le sont pas, les femmes sont les égales des hommes, me dit le patron de la guesthouse,

Le resto affichant sur sa carte de menu le rœsti, les spécialités vaudoises, allemandes, du bircher, on est en quartier touristique,

La visite du zoo....quelques animaux perdus dans une foule humaine immense, aussi nombreuse que les déchets jonchant le sol, un lieu de pique-nique, des sourires partout, des 'hello mister', des beaux visages.... et surgit un groupe exubérant de travestis et de trans au maquillage caricatural, quelle en est l’acceptation sociale ?

La visite de ‘mini indonesia’, sorte de Ballenberg, les maisons traditionnelles servent de décors à des animations musicales diverses, là aussi une foule, l’arnaque du taxi et le bus pour rentrer, je demande mon chemin, je me retrouve à manger avec une famille, par terre mais ce n’est pas l’habitude dans le pays,

Différence d’avec le Japon, entre eux les Japonais sont relax, mais face à l'étranger, c'est l'étiquette, alors qu’à Jakarta, les contacts sont faciles, mais on ne montre finalement que ce que l'on veut montrer, je reste un  touriste, donc considéré comme riche,

Le train pour Yogyakarta, on y vent des canettes -non recyclées- de café coréen au ginseng, du retard au départ et plus important encore à l’arrivée, des marchands ambulants proposent de la nourriture, des mendiants, des travestis/trans chantent en se déhanchant et collectent de l'argent, une dame portant foulard y va aussi de sa piécette…pas de poubelles dans le train, les fenêtres sont ouvertes, il n'y a qu'à jeter,

Au cours du long trajet, des rizières d’abord plates et sèches puis plus verdoyantes –des dos courbés et des chapeaux coniques, des collines à la végétation luxuriante -bananiers, manguiers, papayers, c’est du Gauguin, quelques fois des ruisseaux, des villages aux toits carrés en chapeau pointu de tuiles rouges, la réalité rencontre le rêve, le confort en moins, mais les bouquins de photos restent ‘menteurs’,

Les gens nourrissent beaucoup d’espoirs en ‘SBY’, le nouveau président hors parti élu un mois auparavant, me dit un employé en informatique… une femme couverte d'un foulard me prend de haut -elle fait 1m50 -just kidding… comment ont-ils fait pour supporter la chaleur durant le Ramadan, question de foi, me dit-on,

Coca-Cola et Danone bien présents sur le marché des eaux minérales,

Je rêve d'un bain japonais version fraîche,

Une seule ligne ferroviaire sur plusieurs tronçons, un pays de 220 millions d’habitants, mais où donc vont les pétrodollars ?

 

Yogyakarta

Une ville qui semble appartenir au sultan, 12’000 personnes travaillent pour lui, y compris les artisans de batik,

Les rickshaws comme en Inde, et beaucoup de motos, parfois toute une famille y est assise, deux adultes et deux gamins,

Le crapaud responsable d’une nuit blanche,

Borobudur, lieu investi par des hordes de touristes locaux, des jeunes surtout, qui défilent littéralement pour me prendre avec eux en photo 'hello mister, please', la sérénité on peut oublier,

Une belle symbolique de ce lieu, d’abord on se purifie en traversant une rivière séparant deux petits temples avant d’accéder au site, une architecture traduisant la cosmologie bouddhique, d’abord en bas le monde des désirs, la sphère de transition avec libération de la forme corporelle et des soucis de ce bas monde, la sphère divine de la perfection et de l'illumination

…. la base du temple a une forme de mandala à étages invitant à la circambulation, les derniers étages sont circulaires avec des rangées de petits stupas autour d'un plus grand, central qui -contrairement aux autres- est vide

… il y a des ‘portails du temps’ sous lesquels on passe, un passage irrémédiable,

Prambanan, un complexe de temples hindous, avec des escaliers représentant le monde des mortels, puis le 2ème étage évoquant celui des purifiés, il y a seulement une entrée donc une seule voie d'accès aux dieux, puis le 'toit' étagé pour les divinités

.... la spiritualité polythéiste m'est difficilement accessible lorsque je ne la vois pas 'habitée' comme en Inde, je me sens presque indifférent, ce lieu est touristique, on y vient pour pique-niquer, il y a de la musique diffusée par les amplis,

Dans le bouquin d'un touriste, je lis qu’en terre musulmane, on retrouve des pratiques animistes liées aux récoltes de riz… je me dis finalement que bien des lieux sur cette planète peuvent être abordés de la même manière, avec une religion monothéiste et des pratiques religieuses de coloration animiste en arrière fond religieux culturel,

Dans les rues de la ville, le bruit, la pollution, les 'hello mister', la pression pour l’achat, et quelque minutes de grâce en croisant un homme pieux en vacances avec sa famille et qui me salue juste avant de se rendre à la mosquée,

Voir un film au cinéma est quasi impossible, on me raconte que suite à la crise financière secouant l'Asie il y a quelques années un proprio a laissé brûler ses deux cinémas pour recevoir de l'argent de l'assurance,

Le spectacle de marionnettes en cuir, seulement huit touristes forment l’assistance – il paraît que ça ennuie les habitants, l’Indonésie c’était aussi le théâtre d’ombres, un cliché fout le camp, je quitte la salle au profit d’un cybercentre,

Le kraton, 'palais' du sultan local -un personnage paraît-il charismatique détenant une bonne part de l’économie locale –des hôtels, du batik, de la canne à sucre, etc, qu’il souhaiterait préserver de l'intrusion étrangère, notamment chinoise

…on me dit que les Indonésiens n’accueillent pas les Chinois avec enthousiasme, de même les Américains à cause de la question irakienne, et les Australiens suite à leur soutien à la cause est-timorienne -ils sont accusés d’avoir manœuvré ainsi afin d’obtenir plus facilement des contrats avantageux pour le pétrole

…dans le palais, certaines inscriptions sont en langue locale –une écriture évoquant d’autres langues asiatiques, un joli petit palais pour les cinq princesses parties étudier à l'étranger

…on me raconte que les enfants 's'occidentalisent mais sans perdre le respect envers leurs parents’, notamment lorsqu'il s'agit d'obtenir l'assentiment pour le mariage, mais il arrive aussi qu’on force la main en tombant enceinte,

Le Musée Sono-Budoyo, la statuette en bois au visage allongé, un sexe en forme de flamme, le pied posé sur un serpent

… une société influencée par le mode agricole, des régions sèches et humides où la culture du riz impose une organisation de l'irrigation,

Des ‘leather puppets’, lorsque le nez est long et dirigé vers le bas, c’est une bonne personne, lorsque le nez est retroussé, c’est une mauvaise personne, les marionnettes ont servi de support à diverses formes théâtrales, anciennes et parfois modernes, par exemple au cours de l’Indépendance, elles ont été aussi utilisées pour illustrer la notion de pancasila,

Le spectacle de danse Ramayana pour quelques touristes égarés, le texte introductif en anglais, allemand, la version française n’est vraiment pas présentable, je propose mon aide pour les corrections, it has been my homework.

 

Bali

Ubud, j’y arrive le soir, tout le monde est vêtu de sarongs, de chemises et de foulards blancs noués autour de la tête.... c’est le jour d’une cérémonie pour apaiser les divinités, les gens vont en procession d'un village à l'autre,

Le spectacle de danses ‘legong’ et ‘barong’, les mouvements de la tête, des mains, des yeux......représentant une danse royale et une danse mettant en prise les forces du bien –un lion- et celles du mal –une sorcière....la danse ‘kecak’ où des voix d'hommes rythment l'histoire,

Bali, une destination 'japonisée', tout est traduit, même dans les musées,

Les temples hindous sont carrés, il y a les divinités Shiva, Vishnu, Brahma, et une divinité suprême rendant la religion compatible avec le principe indonésien de pancasila (....un seul dieu....), importante aussi est la déesse du riz,

Les mauvais esprits ont de la peine à faire les virages, alors on évite de tracer les chemins en ligne droite,

Il paraît que le système des castes ne joue plus vraiment un rôle, sauf pour les prêtres,

Je regarde le ciel, que sommes-nous face à la myriade d’étoiles autour de nous ?

Les toits des maisons en paille noire, et beaucoup de petits autels, différents selon la caste, dans chaque maison, dans les champs, à même le sol des offrandes aussi, aplaties par les semelles de touristes rêveurs......on respecte Brahmâ, les ancêtres -Vishnu et les morts –Shiva,

Les fleurs -cambodia, hibiscus, lotus qui ne s'ouvre que le matin, nénuphar, etc., le vert des rizières, les petits drapeaux blancs servant d’épouvantails, les cocotiers, les bananiers, des arbres aux noms inconnus, et de l'eau,

L'office de tourisme offre la possibilité d'assister à des crémations, cela ne semble pas choquer.... je lis que le corps est souvent enterré dans l'attente de moyens financiers pour payer la crémation, la forme de la pagode portée en procession dépend du rang de la personne, le cercueil est déposé par la suite sur une installation représentant une vache et on y met le feu, une cérémonie avec gamelan, danses et repas, les cendres seront ensuite jetées dans l’océan,

Une île à l’ambiance détendue.... le tourisme oui, mais pas sans abandonner la religion, telle est la devise des habitants qui consacrent une bonne part de leurs revenus pour les rites religieux, la recette pour garder un certain charme malgré le tourisme de masse ?,

Au musée local, une statuette en bois de la déesse de la prospérité, allongée, tout en courbes,

Même sous les tropiques, il peut faire frais dans les montagnes où l’on trouve des fraises, un régal,

On n'utilise pas forcément les mêmes mots selon le rang de la personne à qui on s’adresse… une langue à la belle écriture,

Les maisons sont orientées selon l'axe montagne-océan, la structure comporte des parties représentant la tête, le corps, les pieds, la poubelle est 'l'anus' de la maison, tout se fait en accord avec la cosmologie, les dieux, les humains, les démons,

Près de Lovina, au nord, une plage de sable noir, je suis le seul touriste, au loin j’entends une scène de ménage… l’Asie ce n’est pas seulement harmonie et sourires,

La visite d'une école, une sorte de cycle d’orientation privé, plus cher que l'école publique, jusqu’à 48 élèves par classe, en uniformes blancs et bleus, il y a mixité, des élèves plutôt turbulents et farceurs, un brouhaha continu, ils ne comprennent pas mes phrases en anglais et n'osent pas le dire.... des visages basanés souriants.... dans les degrés supérieurs, ils ont la possibilité d'apprendre le japonais ou le b-a-ba de l’hôtellerie pour devenir un ‘bellboy',

Le prof d'anglais dont les connaissances sont plutôt limitées rêverait de venir en Suisse, il me demande si nous avons quatre saisons, l'une où il fait froid, une autre où les arbres perdent leurs feuilles ?,

La valeur du franc suisse est forte, j'en suis mal à l'aise mais mon porte-monnaie est bien content.... l’Indonésien 'moyen', avec environ 150 euros par mois, ne pourrait même pas se payer le voyage,

Dans les rues, des touristes torse nu, simple caleçon et nu-pieds, j’ai honte....les Balinais n'oseront pas dire que c'est choquant, faut bien choyer les touristes,

Les Balinais à la peau plutôt 'bronzée' ont un penchant pour la peau blanche valorisée dans les publicités comme dans bien des pays,

Rêverie en visitant les lobby des hôtels luxueux, 220 dollars la chambre comme prix de base, comme clients des Australiens, des Japonais, des Européens, et quelques Indonésiens qui ne peuvent qu’être corrompus, dit-on ici,

Pas de jobs en suffisance, chacun lutte pour son quotidien, 'hello taxi, hello transport’, et des ‘hello massage’ venant de vieilles femmes coiffées d'un chapeau conique au bord de la plage,

Cinq minutes d'un film indonésien tourné à Jakarta, intitulé 'virgin', il raconte que les jeunes filles ont tout à perdre si elles s’adonnent au tabac, à la drogue, à l’alcool et au sexe,

Joli coucher de soleil sur la mer, les autres soirs ont bu leur tasse d'orages,

Dans les rues le matin, des parfums d'encens, des petites corbeilles d'offrandes –du riz, des biscuits, des fleurs,

Les traces dans le sable humide et les cercles concentriques autour de petits trous où se réfugient les crabillons, la plage et ses surfeurs, les belles vagues,

On parle de démocratie balbutiante, d’un pays connu pour la corruption massive qui gangrène l'appareil étatique, de la diversité dans les langues, des ethnies,

La musique entendue dans les rues, elle me fait penser au répondeur de 'la maison de l’Indochine/Chine’ à Paris,

J'abandonne l'idée de vouloir quitter un pays après en avoir ‘senti’ toute l’épaisseur, c’est mission impossible, vaut mieux voir plusieurs beaux coins et pour le reste rester ouvert,

Que signifie le voyage, découvrir ses limites ?

Y a-t-il un  intérêt à connaître la culture ou la mentalité du touriste, quel temps reste-t-il pour s’informer, comparer, vouloir connaître ? Le touriste donne-t-il envie d'être connu ? Et notre intérêt pour l'autre, qu'en est-il au-delà du cliché ?

Les gens se posent souvent la question du pourquoi un touriste occidental voyage seul, je me la pose parfois aussi… à chacun ses questions existentielles, seuls changent les décors,

On me confisque les ciseaux à l'aéroport de Denpasar, les vols en sont-ils plus sûrs pour autant ?,

Pendant ces dernières semaines, Arafat est décédé, Bush et Federer ont gagné, des poissons d'aquarium ont été génétiquement modifiés par des Taiwanais pour devenir dorés fluorescents la nuit histoire de conquérir le marché chinois, l'or porte bonheur.

 



Singapour, stop-over

Publié le 2/02/2008 à 11:56, Singapour
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SINGAPOUR 

 

Singapour

Le climat tropical, à peine sorti de la douche je suis déjà tout collant, et partout la climatisation,

Il y a quatre langues nationales, l'anglais, un dialecte du mandarin, le malaisien, le tamil.... des traductions des commentaires pour les touristes, des indications pour le métro, etc.,

Le quartier Little India avec les fleurs, les saris, les mouvements de tête, le curry -les clichés traditionnels… Chinatown occupant des maisons colorées de style néoclassique....ou comment recréer l'univers du pays d'origine et dans le même temps se sentir Singapourien,

Multi Pot ethnique......la mosquée dans Little India, le temple hindou dans Chinatown qui souhaite une bonne fin de Ramadan aux musulmans tout en célébrant la fête des lumières Deepavali.... fait-on dans le politiquement et religieusement correct ? Dans une ambiance tropicale, l’inauguration de l'illumination de certaines rues pour Noël,

La ‘Suisse de l’Asie’, propre, 'sans problèmes', les gens y viennent pour travailler, beaucoup de frontaliers viennent de Malaisie, choisie pour ses loyers plus abordables, ici on est près de ses sous, dit-on, je me demande quel serait le visage de ce pays avec un régime moins 'autoritaire' ,

Singapour que je quitte sous une pluie littéralement torrentielle, un aéroport très bien organisé, agréable, des téléphones 'do you need help ?', de l'eau potable à disposition, des postes internets gratuits, des plantes vertes, des fontaines, du bois, de la moquette, l’envie de prendre l’avion tous les jours,

Dans l'avion pour Jakarta, un article parlant des pyjamas portés en pleine rue dans certains quartiers de Shanghai, du moins ceux qui n’ont pas encore été sacrifiés aux grands buildings.

 

 



Japon, de Kyoto à Tokyo

Publié le 2/02/2008 à 11:53, Japon
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JAPON

 

Kyoto/Nara/Himeji

Tout semble propre, la Suisse paraît plutôt négligée en comparaison avec ses chewing-gum collés au sol, ici à peine un mégot,

En Chine les billets de banque avaient cinq langues -chinois transcrit en pinyin, mongole, ouïgour, tibétain, personne n’a su donner le nom de la 5ème… ici une seule langue, les billets semblent toujours avoir été repassés, le porte-monnaie s’allège rapidement, je me sens pauvre au Japon, j’imagine les touristes à bas revenus cherchant des solutions économiques en visitant la Suisse,

Je ne suis pas harcelé par les commerçants, c’en est presque agréable,

‘Hai’ suivi d’une courbette, tout semble réglé comme du papier à musique, j’ai l'impression qu’ils ‘en font trop’, les plans de bus sont presque trop bien faits, c’est l'abondance de détails, j'en suis complètement inhibé, les gens se plient en quatre pour vous aider,

Aux gares, on indique sur le sol les emplacements où monter dans les trains, il y a un wagon réservé aux femmes dans les trains… on signale s’il faut monter l’escalier par la droite ou la gauche.... les gens attendent le bus en faisant la queue même aux heures de pointe,

On roule à gauche, une mélopée accompagne le passage des feux au vert pour les piétons, les automobilistes s'arrêtent, les voitures sortent toutes ripolinées du garage, on n’entend pas de klaxon, les routes sont lisses, les lignes blanches et nettes se prolongent jusque dans les nombreuses petites ruelles de la ville,

Monotonie urbaine de maisons cubiques à quelques étages, urbanisme quadrillé, les villes de la côte est se succèdent sans frontière manifeste, seules les montagnes semblent peu peuplées, les Japonais aiment la montagne -et les alpes suisses,

Pas mal de gens savent l’anglais, ils sont serviables, réservés, la forme a son importance, l’imprévu semble les  incommoder, il faut réserver par téléphone, on n’entre pas comme ça dans une guesthouse, la gêne est énorme et communicative lorsqu’ils ne connaissent pas la réponse ou ne comprennent pas l’anglais,

Beaucoup de jeunes à l’allure branchée, walkman dans les oreilles ou le portable, coupe ‘trash’ pour les garçons, l’uniforme scolaire avec cravate, longue frange aussi pour les filles que l'on voit en minijupe, jambes en tonneau, socquettes blanches ou bleues et marchant pieds en dedans,

La visite du Musée d’art moderne, la belle expo de l’artiste Kazuo, les poteries ‘night offering’, ‘separation toward fusion’, ’distance adhesion’,

La promenade en groupe avec un guide plein d’humour, qui raconte que les temples shinto sont ‘pour la vie ici-bas’, avec les rites de purification par l’eau, les prières pour une bonne fortune, tandis que les temples bouddhiques sont ‘pour l’au-delà’ avec la divinité de la miséricorde ou du paradis....les deux religions cohabitent parfois dans un même lieu,

Les jardins, l'ambiance tatamis -souvent en synthétique, les portes coulissantes, le bois, matière première par excellence dans ce pays -aucun bâtiment n’est donc très vieux, on refait fréquemment, c’est un autre rapport au patrimoine,

Un temple non touristique, non payant, est fermé,

Dans les temples, il y en a tant !, des jardins, de la mousse, des arbres, des étang et leurs carpes, du sable ratissé, des rochers pour les ‘dry landscapes’, l’automne débutant, les érables à peine rougeoyant, les cyprès, les pins,

Le beau temple version zen, j’arrive cinq minutes avant la fermeture, j’étais quasi-seul, le sable ratissé, les pierres, la mousse, l'arbuste où paraît-il on peut comprendre l’harmonie entre ‘inspiration-expiration’, ‘paradis et terre’, ‘plus et moins’, ‘homme et femme’, contenu dans le son ‘aun’… un jardin où l’on ne peut voir d’un seul coup d’œil les quinze pierres posées sur le sable de graviers…un disque gravé et accueillant l’eau, quatre caractères chinois signifiant ‘I only not to be contented’, dans le jardin un Bouddha caché par les arbres,

Les svastika, symboles religieux dans les temples ou ailleurs, sont à l’envers au Japon comme le signe nazi, il est donc remplacé sur les affiches pour ne pas prêter à confusion dès que l’on a contact avec l’étranger,

La maison de thé pour la démonstration de la lente et formelle cérémonie –pratiquée à domicile, dans les temples, etc., sur tatamis, le papier japonais recouvrant des parois quadrillées coulissantes, les panneaux peints, les mots porte-bonheur sur le rouleau, un arrangement ikebana, les chaussures alignées devant l’entrée,

Les petits autels dans les rues, avec une ‘bavette’ autour de la divinité, pour protéger les enfants,

A Nara, j’essaie de contempler l’immense Bouddha, des centaines d’écoliers en visite me passent devant,

A deux heures de là, le château Himeji tout en bois, au loin on entend le cor des alpes, à la billetterie des vidéos de fêtes, des coutumes et des traditions qui semblent bien vivantes,

Parmi les souvenirs vendus, le calendrier avec la famille royale,

Les mangas dans les magasins ‘7-11’,

La langue japonaise écrite en colonnes de droite à gauche,

Les fonds de pub, les photos de cerisiers en fleurs ou d'érables parés des couleurs d’automne,

La promenade en bordure de la ville, beaucoup de ruisseaux canalisés, puis une forêt de bambous, un marche oppressante au milieu de ‘barreaux de prison’, plus loin les érables aux fines feuilles comme des étoiles, les sapins (?) comme des feux d'artifice,

Les chiens format ‘ikebana’ promenés matin et soir,

Les lignes ferroviaires privées,

Les distributeurs de boissons tous les 50 m, souvent du café froid ou même chaud,

La déco de Noël depuis le 31 octobre,

Comme en Chine, le rez-de-chaussée équivaut à leur first floor,

Deux étudiantes me disent que, contrairement au passé, les hommes écoutent maintenant les femmes,

La confiserie où l’on utilise les farines de riz et de haricots sucrés ( ? sweet beans), une musique délicate, une présentation exquise, qui a son prix,

Les restaurants dont la vitrine permet de choisir le plat, tout en plastique paraît-il, très bien fait,

Une petite ruelle, dans un café un New-yorkais prend des cours de guitare,

L‘international center, lieu de rencontre pour les étrangers de la ville, c’est la journée portes ouvertes, j’en profite pour découvrir la cérémonie du thé, des gestes très lents, silencieux, de petites quantités de thé, la position assise inconfortable, un bel arrangement ikebana dans l’alcôve,

Les kimonos portés par les femmes, les sandales en bois, pas si rare que ça, la tradition se défend à Kyoto, les bons kimonos sont chers, les hommes en ont rarement un et le portent souvent qu’une seule fois lors du mariage s’il est shinto.

 

Nagoya

L’auberge de jeunesse version japonaise, les tatamis, la salle au bain brûlant où rentrent petits et grands, après un usage intensif de savon,

Pas loin de la ville, l'usine Toyota, visitée par une myriade d’enfants… tout a un sens, le nom de Toyota lié au chiffre 8 porte-bonheur, ‘endless future and possibilities’.... beaucoup de robots pour le découpage et le perçage, des hommes-robots pour le montage, le contrôle,

Pourquoi les travailleurs japonais ne prennent pas toutes les vacances auxquelles ils auraient droit, une question à laquelle je n’obtiendrai pas de réponse......à Tokyo on me dira que c’est lié à la culture, en Europe le travail –étymologiquement tripallium, est considéré comme pénible, au Japon le travail permet l’accomplissement personnel, on se réalise par le travail, un licenciement est toujours catastrophique......mais les choses changent, dit-on, les jeunes deviennent plus individualistes.... la notion de ‘droits’ serait une notion postérieure à la période Meiji -milieu 19ème,

Les poubelles qui ne sont jamais là lorsque j’en ai besoin,

Une petite salle de karaoké visitée en dehors de heures d’affluence.... les gens achètent un programme, des boissons, et s’enferment à plusieurs dans une salle et ‘s’éclatent’,

Vu aussi, sans y dormir, un ‘capsule hotel’.... tout est fourni, depuis la brosse à dents et les pantoufles jusqu’à la TV dans ces petites capsules interdites aux claustrophobes.... les hommes d’affaire en transit sont aux petits soins pour pas cher,

Les belles étiquettes des bouteilles de saké, la calligraphie de type chinoise,

Le japonais se lit et s’écrit de droite à gauche si c’est en colonnes -fréquent pour les bouquins, revues, etc., et de gauche à droite si c’est en lignes -influence occidentale,

C’est très vert le long de l’autoroute vers Tokyo du côté des montagnes, le sommet enneigé du mont  Fuji me fait signe dans la brume ou le smog,

 

Tokyo

Une grande ville, mais pas si stressante que ça, pas trop de bousculades, pas de klaxons, ça fait une différence,

Je retrouve l'architecture cubique monotone, le passé architectural des villes européennes peut effectivement séduire,

Je sors des quartiers des grands buildings où l’on ne voit aucun pot de fleur, aucun vêtement à sécher, et voilà que le décor change, des maisons de deux à quatre étages, des petits ateliers dans les rues, où les gens travaillent parfois assis en tailleur,

Beaucoup d’étrangers dans la ville... la langue française est aussi à l’honneur, les boulangeries abondent, des restaurants japonais aussi, très high class, superbes à voir, tout en bois, petit panneau ou 'rideau' devant,

D’autres quartiers, d’autres populations, la ville compte aussi beaucoup de SDF, il y a aussi des rues sales, tout n’est pas ‘parfait’,

Ma perception du pays ‘s’humanise', l’excursion dans un temple par des handicapés moteurs cérébraux, un malvoyant se frayant un chemin -sans crainte des crottes de chiens, une trisomique souriant à sa mère dans le métro,

La visite du sanctuaire commémorant les morts de la guerre, des enfants âgés de trois, cinq et sept ans font la ‘première communion’ version shintoïste, ces rituels font des garçons des futurs bons samouraïs et des femmes des futures bonnes épouses… un lieu suscitant aussi des controverses, selon un Japonais vivant à l’étranger l’armée japonaise a commis des atrocités certes, mais pour Nankin c’est de la propagande… autre pays, autre version,

Dans un parc, un grand bâtiment où a lieu le championnat universitaire d’un art martial inconnu plutôt violent, casque obligatoire pour ne pas se faire amocher.... pas réservés les étudiants lorsqu’il s’agit de soutenir les copains......lors de la cérémonie finale, j’entends l’hymne ‘à toi la gloire, à toi la victoire’,

Le docteur Fuji, que je consulte pour d’ennuyeux problèmes  dermatologiques, son sommet est aussi blanc que la montagne homonyme,

Le cimetière aux tombes -gardant les urnes- de marbre gris,

Le musée au 53ème étage d’une grande tour, le panorama s’étale à 250m d’altitude......c’est beau à voir la nuit, ces lumières rouges qui clignotent....prière aux avions de ne pas se frotter aux gratte-ciel,

Les musées visités sont souvent bien faits, les visites guidées des groupes sont calmes, il y a fréquemment une traduction en anglais –j’aurais aimé plus de commentaires historiques,

Le Musée national -ses rouleaux, céramiques, impressions xylographiques (woodprint), la culture ‘Anui’ remise en valeur depuis 1997… l’histoire du pays me fait penser à celle de l’Europe, une ‘renaissance’, un ‘nouveau régime’ -l’époque Meiji proclamée ‘civilization and enlightment’,

Le metropolitan Museum, une surabondance d’objets, des tableaux à la touche impressionniste, symboliste, un format presque toujours identique, beaucoup de poteries, un tout quelque peu hétéroclite, rien ne me ‘choque’ vraiment, beaucoup d’harmonie dans les lignes, le dessin, divers matériaux dans un même tableau, des sculptures classiques pour les nus féminins, ‘pudiques’ pour les nus masculins,

Le Japon et son rapport à l'Occident, j’aurais pu voir une expo sur Picasso, Matisse, l’art de la Renaissance à Florence… le Japon et son rapport à l’Orient, avec une expo sur les trésors de la Chine ancienne, l’armée de Xian,

Dans le parc peuplé de SDF, une église évangélique organise, comme chaque mardi, une session de chants, les participants sont assis sur du papier journal,

Près de la gare, un petit marché, presque tout est emballé, les pommes –certes énormes, coûtent jusqu’à 2,50.- Frs pièce… certaines vendeuses adoptent une voix haute et monocorde comme en Chine,

Dans un petit bistrot, les sushi circulent en continu autour d’un banc circulaire,

Beaucoup de salons de jeux, des casinos, des grosses peluches à gagner à la tire –une dame au chignon distingué tentait aussi sa chance,

Il y a trente à quarante élèves par classe, me dit une Japonaise, elle rajoute que dans les villes, la plus grande différence avec l’Europe, ce sont l’absence de vieux bâtiments et la quantité de néons clignotant dans les rues,

Les nombreuses dames au chapeau visitant le musée, d'autres se maquillent dans le métro, beaucoup de gens lisent et pas seulement des mangas,

Les portes trop basses, je dois souvent baisser la tête,

Le Musée Edo-Tokyo, Tokyo veut dire ‘capitale de l'est’, une exposition bien faite, on y passerait des heures.... à cette époque, les fêtes étaient géographiquement liées aux temples, eux-mêmes parfois déplacés selon l’évolution urbanistique, on conservait le pouvoir en maintenant l’épouse et le fils aîné des vassaux en otages à la cour… de belles impressions xylographiques qui ont notamment inspiré Van Gogh, le plancher en bois surélevé des maisons en bois, bambou, torchis,

A l’époque il y avait plusieurs castes, celles des guerriers, des paysans, des artisans et finalement des marchands, les guerriers devenaient administrateurs en temps de paix… dans l’éducation le rôle important du confucianisme, de la langue japonaise, de la poésie, de la peinture, de la cérémonie du thé, de la danse, de la musique..........le chrysanthème, la tortue, la grue symboles de longévité ou d’éternité...... la présence d’explications en braille signifiant aux malvoyants ce qu’il y a ‘à voir’.... l’évocation du tremblement de terre de 1923, des images apocalyptiques comme après les bombes A, les rumeurs de l’époque pour trouver des coupables –on désignât les Coréens.... l’évocation de la WWII, de l’arrivée des appareils ménagers, etc.,

Le sumo hall, je n’ai pas vu de représentation, quelques panneaux expliquant ce ‘sport’ considéré comme un rituel accompagnant des fêtes shintô –pour la récolte du riz, etc,

Dans les rues du quartier hyper animé de la ville, des baraqués africains me vantent les charmes des salons chauds,

Des visages variés, puis-je dire quel est le visage ‘typiquement japonais’?,

Je continue à me perdre, mais les gens sont très serviables, comme le gendarme qui prendra une demi-heure pour repérer l’auberge de jeunesse et me dessiner un plan,

Le Musée des sciences émergentes près de l'océan, une Tokyo futuriste....des robots qui marchent, le chien qui 'réagit' aux caresses, comprendre l'humain au travers de la robotique, je lis dans le musée qu’on ne voit pas les problèmes de frontières depuis la lune, d’autres thèmes comme l’énergie des vagues, les tremblements de terre, des déchets dans l'espace –il y en aurait plus de 9000… l’arrosage et séchage automatique du popotin dans les toilettes futuristes,

La glace au thé vert plutôt amer -je préfère la version au jasmin,

Les ATM qui n'acceptent pas les cartes de crédit étrangères,

Les bouteilles d'Evian qu'on trouve partout,

Au Musée de la photo, les vaguelettes sculptées par les ondes sonores,

Les masques portés dans la rue lorsqu’on est malade,

Je quitterai le Japon sans avoir vu la campagne,

Je songe à Genève, ville qui se veut internationale, les arrêts de bus sont-ils systématiquement annoncés aussi en anglais, les gens sont-ils prêts à guider le voyageur comme ici, les expositions permanentes sont elles traduites en anglais ?

Je songe aussi au profit que font les postes avec l'envoi de cartes à l'étranger,

L’équilibre entre tradition et nouveauté me semble mieux assumé qu'en Chine urbaine qui démolit presque tout son passé… les festivals, pour les récoltes de riz, etc., sont aussi des attractions touristiques, mais un peu plus ‘habités' qu’en Chine ?,

Voyager est dangereux, grand est le risque de se construire des préjugés, alors quel tourisme pour comprendre un peu de la mentalité d’un pays ? J’imagine un circuit ‘chronologique’ pour comprendre l’histoire, sans oublier les sites importants pour ‘sentir’ la mentalité des habitants et des moments libres laissés aux rencontres … un vœu pieux, et seul et sans guide, une mission quasi impossible,

 



Chine, de Lijiang à Shanghai

Publié le 2/02/2008 à 11:51, Chine
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CHINE (suite)

 

Lijang

Dans le Yunnan, région du dit ‘paradis Shangri-la’, une adorable petite cité aux maisons en pierre et en bois, des petites fleurs jaunes sur les toits des maisons, envahie par les touristes Chinois se promenant dans les rues avec des boutiques de souvenirs tous les deux mètres, des femmes en costume se baladant, une corbeille souvent vide dans le dos, peut-être payées pour se promener… du pseudo authentique, vaut mieux se promener dans les ruelles périphériques,

Dans une galerie, discussion avec une jeune guide qui m’explique la société matriarcale de l’ethnie Mosu, et commente le culte très populaire de la déesse bouddhique de la miséricorde, statuaire ressemblant furieusement à celle de la vierge Marie,

La jeune femme se lance dans de grandes envolées sur Marx, Mao, Deng, les 3 figures importantes apprises par chaque écolier, mentionne son appartenance à la ligue communiste, disant que le travail personnel apporte plus que la religion dont on attendrait des miracles, puis elle semble se ‘relâcher’

....c'est par Internet, BBC, et Voice of America qu'elle connaît ce qui se passe dans le monde, 80% de la population n'est pas informée de certaines choses, on dit de Taiwan et du Tibet rien de plus que ce sont de belles provinces ou régions, elle dit que le gouvernement ferait mieux de dépenser de l'argent pour les pauvres et non pour les fusées,

Selon elle, Deng Xiao Ping n'est pas appelé timonier comme Mao afin d’éviter une colère populaire puisqu'il est accusé du massacre de Tian An Men… du monde extérieur, les Chinois apprennent  Napoléon, la révolution française, Lincoln.... la croissance économique ne serait pas aussi forte, depuis 1997, comme le prétendrait le gouvernement,

Il y a d'autres gens qui penseraient comme elle, notamment les étudiants, mais tout le monde se tait, le pouvoir de l'individu face à la pression de la masse est trop faible… elle rajoute que c’est normal que les Tibétains veulent l’Indépendance lorsqu'on sait comment les Chinois les ont traités, les minorités doivent lutter… un prochain voyage devrait inclure des provinces plus pauvres et non les grandes villes…a-t-elle dit ce qu'elle pensait ou ce que je voulais entendre ?,

La guesthouse pas chère avec 'mama' et 'papa', vieux couple avec qui l’on est aux petits soins.... j'ai froid la nuit mais c'est calme, enfin une autre Chine, moins mercantile, plus sympa, que je n'aurai pas assez vécue sauf par petites touches,

D'autres routards de passage.... les touristes se snobent parmi et je fais de même, me dit-on,

Route vers Kunming, onze heures de bus à laisser une fois de plus toutes les vertèbres au vestiaire, merci ‘voltarene’ et consorts, en chemin des villages –enfin- aux toits de tuiles et pentes "recourbées" à la chinoise, en pierre, brique, torchis, des peintures murales aux dessins fins, le vert des rizières et les bottes de riz alignées après la récolte pour séchage, beaucoup de petits lopins cultivés en terrasse, découpés pour laisser passer l’eau,

Le niveau d’éducation du citoyen chinois moyen semble maintenu volontairement bas par le gouvernement, impression ou réalité ?

Les commerçants qui comme par réflexe me lancent 'hello have a look', 'hello two kuai', ai-je le droit de seulement regarder ?… on me dit que la concurrence entre eux est acharnée, j’ai de la peine à répondre avec le sourire –s’énerver c’est perdre la face,

La pression à la consommation, c’est ça l’opium du peuple, on se pose moins de questions…il y a un fond sonore volumineux et constant, je le vis comme une aliénation, et qu’en est-il en Europe ?.

 

Kunming

Un passage éclair, quarante cinq minutes pour le chauffeur de taxi qui demandait son chemin à tout bout de champ,

La pharmacie qui me propose un aphrodisiaque lorsque je tente d'expliquer mon souhait d’acheter du ginseng pour ‘avoir de la force’,

Le quartier du marché aux fleurs, celui aux oiseaux, aux habits, etc.,

Les vieilles maisons délabrées, des briques, du bois parfois sculpté, du torchis, de la tôle, de l'herbe poussant sur les toits en tuiles, dans une cour des compteurs électriques et des extincteurs, des plantes vertes, des rez de chaussée sombres -on éclaire à l’économe, une cuisine, de rapides coups d’œil à la dérobade....la visite d’étrangers n’est pas la bienvenue,

Dans une ruelle, la musique romantique d’une belle chambre faiblement éclairée, beaucoup de peluches partout, la propriétaire -une courtisane ?, semblait absente… un quartier comme on souhaiterait en rêver....alors qu’eux rêvent peut-être de loger dans des HLM confortables, avec WC et tout le confort,

Depuis le train pour Guilin, coups d’œil sur la ‘forêt de pierre’, noyée dans le brouillard, sur les cosmétiques et les pastilles des dames, sur les palmiers, on est dans le sud, il fait plus chaud, Lhassa est déjà loin,

On m'a dit qu'en Europe aussi l'on crachait il n'y a pas si longtemps,

Quid de l’hospitalité ? Pas les commerçants qui harcèlent peut-être par nécessité économique…  ‘monsieur et madame tout le monde’ sont parfois terriblement gênés et partent  'no no' avant que je n’ai pu exprimer ma demande…il paraît qu’on ne veut pas perdre sa face et celle de la nation en péchant par ignorance, à Taiwan ça serait différent me dit-on,

Je ressens le besoin de boucler l'étape chinoise, reste la grande frustration de ne pas parler la langue, beaucoup de régions encore à découvrir,

Les nombreuses minorités ethniques -pour employer le terme consacré,  commencent à être exploitées comme sources de revenus touristiques.

 

Guilin

Une planche en bois comme matelas dans l'auberge de jeunesse toute neuve, j’aurai tout vu,

Dans un magasin de chaussures, j'essaie un petit 45 qui m'est trop petit......la vendeuse me tend un 44 ‘essayez-le, il vous ira’… je ne sais plus si je dois rire,

A la place de la gare, des gens se rassemblent au son d’un karaoké ou d’un rythme africain frappé au tambour, et pour tous les participants les mêmes mouvements -ou presque, jamais trop vite,

Le trip en bateau pour Yangshuo, joli paysage un peu noyé dans la brume, bambous poussant en 'bouquets', peu d'eau dans le fleuve, je discute avec une Chinoise venant d’une grande ville, peu à l’aise au milieu de ses compatriotes que l’on  voit écouter attentivement le guide, se bousculer pour prendre des photos, dormir après le repas sur la banquette, le guide parle sans discontinuer, expliquant quelles montagnes il faudra photographier, ce qu’il faudra reconnaître dans le relief, j’apprends que Bill Clinton n'a pas reconnu les 9 chevaux -c’est la raison pour laquelle il n'a pas été réélu président, alors que Deng en a reconnu 18, les 9 plus leurs ombres,

Elle me dit que les Chinois aiment être guidés, ils en ont au moins pour leur argent, ils ont l'habitude depuis tout petit qu'on leur dise ce qu'il faut faire –c’est l’éducation des enfants uniques surprotégés....ils ont choisi ce voyage puisque ce lieu est considéré comme un des plus beaux coins de la terre, on prend des photos, on achète des souvenirs, c'est important de pouvoir montrer cela aux amis,

Les passagers imaginent que la jeune femme est une guide que je paye grassement… on continue la causette, la révolution culturelle a démoli les 'old things, old thoughts, old habits, old traditions’ y compris la génération d'entrepreneurs qui fait maintenant défaut pour diriger les entreprises chinoises à l’entrée de leur pays à l'OMC.... les étudiants se désintéressent de la politique depuis 1989, les meilleurs élèves Tibétains sont invités à étudier gratuitement dans des villes de Chine en dehors du Tibet, et ils retournent au Tibet 'moulés dans l'esprit chinois', ce sont eux qui formeront les futurs cadres,

Elle me raconte que lors des années permettant le passage à l'université, les élèves dorment moins que les 8h obligatoires, il est courant d'aller aux cours 6 jours par semaine et même le soir, d'autres travaillent également beaucoup –je ne peux pas m’empêcher de penser à la quantité de gens en train de dormir dans le train, au comptoir, dans la rue,

Les coûts de la santé étaient, dit-elle, plus ou moins pris en charge par le gouvernement jusqu’à il y a 7 ans via les unités de travail, et depuis c'est au patient de prendre en charge 80% des frais à partir de 1500 yuan, c’est pour les pauvres une catastrophe......le prix de l'eau est bien plus cher pour les paysans en campagne que pour les citadins de Beijing, et les impôts de la campagne sont surtout utilisés pour les gros investissements par exemple les J.O. 2008, mais peu de gens le savent avant de l'avoir vécu dans leur chair, pourtant des profs universitaires en parlent sur les chats internet,

Les noms de certains pays ont une signification –par exemple pour la France, la Grande-Bretagne ou l’Allemagne, ce n'est pas juste une traduction plus ou moins phonétique comme pour la Suisse.....les Chinois apprennent les bases en histoire nationale et étrangère  mais peu sur les problèmes contemporains, et les journaux se censurent,

Elle me dit qu’il y a de plus en plus de Chinois enrichis de manière pas très honnête, qui ne sont pas 'éduqués' comme à Taiwan ou HongKong où on respecterait les règles et où l’on ne marchanderait pas constamment....on mange vite en Chine et on ne parle pas pendant le repas, pour ne pas risquer de cracher le riz,

La société chinoise devient une société du divertissement,

La Chine est la société de l'enfant unique, la jeune femme me raconte qu’elle est la seconde enfant et a été pendant trois ans 'inexistante' pour le gouvernement qui a dû accepter le fait accompli lors de la scolarisation,

Elle me parle d’un livre écrit par Ray Huang 'the year of non significance’ et ‘the macrohistory of china', il explique que la muraille de  Chine suit la ligne de pluviométrie de 15mm correspondant à la transition des pâturages aux cultures, il raconte aussi que la mesure de la consommation du sel permettait d'estimer la population,

‘Do you think the Chinese are happy?' me demande-t-elle, j'ai le sentiment que la vie n’est pas drôle pour la masse laborieuse et stressée, qui lutte pour sa survie et doit se faire sa place chaque jour,

Dans le train pour Huang Shan, je lis qu’on paye le tarif enfant si l’on mesure moins de 1.4m, dehors beaucoup de villages, des rizières et leurs canaux d'irrigation, la brume voilant le soleil

… un cimetière, le premier cimetière, de nos jours on préfère ou impose la crémation pour une question de place… j'ai le cafard, le train roule lentement, j'entends les voyageurs se racler la gorge en se brossant les dents, le personnel du train cherche à vendre snacks et diverses bricoles, il passe toutes les deux minutes, avec une voix de canard pour attirer l'attention des voyageurs,

Combien d’arbres coupés par jour pour fabriquer les baguettes à usage unique ?,

Tout ce que je ne comprends pas en ignorant l’écriture, les écrits de Confucius et Lao Tseu, les poètes, les contes populaires, le feng-shui, la notion d’équilibre....la ‘fascination’ pour l'ouest et son assimilation dans la culture chinoise.

 

Huang Shan

‘Shan’ veut dire ‘montagne’, ce lieu a inspiré beaucoup de peintres et de poètes chinois, beau en effet, mais pas donné vu le prix du téléphérique et le droit d’entrée pour admirer le paysage,

D’un des sommets -pic du lotus?- les touristes jettent dans le vide la clé d’un cadenas après l’avoir attaché au parapet, les couples à jamais liés,

On crie dans le haut-parleur, dans son portable, à son voisin, à chacun sa casquette, son bâton, son appareil photo pour garder en souvenir cette journée…romantiques, amateurs de calme et sujets au vertige s'abstenir......je figure sur une dizaine de photos, je reprends le téléphérique au câble autrichien et aux cabines suisses dans lesquelles passe une bande sonore –le silence aurait sans doute été pénible,

Les marchands de bibelots me harcèlent –ils n’ont peut-être pas le choix, il s’agit de survie économique, mais ça m’épuise,

Plus tard, en attendant le train, me voilà invité par des étudiants à rejoindre leur table au bistrot, 'ting bu dong' –‘je ne comprends pas’ mais sympa, bonne leçon d’hospitalité,

Dans les magasins, des échantillons à gogo de biscuits et de sucreries,

La bousculade continuelle, au guichet de la gare, devant les bus, les métros, chacun semble jouer des coudes pour sauvegarder sa place.

 

Shanghai

Ville trop grande, mais il y a des coins agréables, un fleuve, de l’océan, une ville très européenne pour son architecture, je m’y sens plutôt à l’aise,

La taille moyenne des gens est plus grande, beaucoup de gens maîtrisent l'anglais et sont souriants, certains visages sont charmants, ce qui n’est pas pour me déplaire, je respire ou presque, car le trafic est infernal,

Les très hauts buildings construits pour ‘économiser’ de la place, comment vit-on là-dedans ?,

L'hébergement à la pension du conservatoire, on entend chanter, jouer des instruments, de la musique classique occidentale, c’est agréable,

Dans l’agence de voyage que je consulte il y a un nombre impressionnant d’employés,

Le musée de Shanghai et les sourires des bouddhas, les pièces en jade et le parallèle avec les vertus, les masques religieux –notamment tibétains- présentés sous la rubrique ‘folklore’,

Je m’assieds chez le pédicure pour un massage des pieds, il complète la pédicure en m’enlevant la moitié des ongles sans quitter la TV du regard,

Le charmant couple aux portes d’un grand hôtel, de bien beaux visages,

L'exposition d'urbanisme et la fierté d’une ville en pleine effervescence économique et culturelle, rendez-vous à Shanghai pour l'Expo 2010 comme à Pékin en 2008,

Après plus de deux mois en Chine, je ne suis toujours pas capable de tenir correctement les baguettes,

Dans un journal ‘China Daily’, section économique, je lis que les Américains mettent l’accent d'abord sur l'aspect légal, puis le commercial puis le relationnel, les Européens sur le commercial puis le relationnel puis le légal, et les Asiatiques sur le relationnel, puis le relationnel…et encore sur le relationnel,

Le Musée d'art contemporain de la ville dont la biennale traite des thèmes comme le corps utilisé pour représenter des paysages typiques, l'opposition réalité-construction imaginaire, la spiritualité au croisement des religions, l'art 'socialiste' revisité -des larmes peintes sur un visage impassible,

L’espace Suzhou Creek, de l'art contemporain plein la vue, on croit ne plus être en Chine, ou parfois si, les allusions et les emprunts culturels sont différents,

Le Musée d’histoire de la ville, au sous-sol de la Pearl Tower, parcours de l’époque coloniale, 'le passé était humiliant, mais il faut en tirer le meilleur et regarder en avant', on développe le tourisme et on construit la Shanghai moderne.

 

Suzhou

Les canaux à la vénitienne -un peu du moins, les jardins, les roches, l'eau, la végétation et les constructions agencées pour créer chaque fois une nouvelle perspective, pour ne pas montrer d’emblée ce qui est important, l’équilibre -pas évident, entre espace et densité, les couches successives et la notion d'infini, le lotus symbole de pureté émergeant et croissant de la vase-, les pions ( ?) pour la longévité,

Les groupes qui déambulent, le haut-parleur accroché à la ceinture du guide qui sans doute explique ce qu'il faut voir et comprendre, des citations de poètes partout, parfois gravées dans la roche,

Quelques oiseaux, comme les fleurs, ça m’aura manqué durant ce périple chinois,

Le petit Musée de l’opéra, il n’y a pas d’explications en anglais, ce sont habituellement des maisons de thé servant de théâtre, deux visiteuses entament des chansons populaires sur la scène.

 



Tibet, de Lhassa à Gyantse

Publié le 2/02/2008 à 11:49, Tibet
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TIBET

 

Lhassa

Dans l'avion, lu dans ‘China daily’, à propos des relations sino-russes, que la convention de Shanghai sert à combattre ‘le terrorisme, le séparatisme et l’extrémisme’, que l'industrie du chapeau suisse et britannique a été supplantée par les Chinois pour le marché du Moyen-Orient,

Arrivée à l’aéroport 'Lhasa aiport of china', aucune revue en tibétain au kiosque, un chinois me dit  'there are only 2 millions people, and with their living standard, they can not afford it',

Les maisons en pierre à deux ou trois étages  parfois recouvertes de chaux, trapézoïdes comme les cadres peints des fenêtres, au-dessus une sorte d’arcade avec un court ‘rideau' flottant comme des vagues, des portes décorées en fer forgé, du mobilier peint au couleurs vives, au motif floral ou animalier,

Le palais du Potala situé à la rue Beijing et entouré du quartier chinois, les drapeaux chinois flottant nombreux à côté des bouquets de prières, et ce même après la fête nationale, une ville sinisée,

Lhassa destinée à devenir une zone de développement économique, visitée par de plus en plus de touristes chinois, sans oublier la forte immigration,

Tension entre tradition -parfois utilisée comme toile de  fond pour les photos, et modernité uniforme –un même urbanisme dans toute la Chine, des mêmes magasins, etc....ou comment siniser ‘en douceur’ après les excès de la génération précédente....on divise le territoire tibétain en plusieurs provinces, on ne réserve qu'une petite partie pour les programmes TV en langue tibétaine, on instaure le régime des permis pour étrangers…la rencontre avec ce Tibet-là est pour moi difficile,

Le Musée de la ville présente le Tibet, la culture est considérée comme ‘riche, magnifique’, etc. -mais le Tibet est bien sûr une province chinoise....on y voit de magnifiques livres à la belle écriture tibétaine, un tangka –une peinture de 618 m de long qui se veut un résumé (censuré ?) mêlant la philosophie et la pensée tibétaines et des éléments darwiniens, occultant évidemment l'actuel Dalaï-Lama,

Devant une image représentant la roue de la vie, un moine discourt face à un petit public pendant plus d'une heure…des écoliers visitent le musée (en pleines vacances nationales) et bien qu’étant Tibétains, prennent des notes en chinois,

Lhassa, beaucoup de touristes chinois sont là se photographiant parmi tout azimut, très peu de personnes parlent anglais.... une illusion que de penser que les mains suffisent pour se faire comprendre, à moins de partager des banalités,

Le pèlerinage du Jokhang, lieu saint, les peintures du monastère aux multiples représentations de divinités bouddhiques, les fidèles venant de tout le Tibet se prosternant parfois à plat ventre, les moulins à prière, les fidèles portant souvent des copies des vestes ‘north face’,

Tout se fait par agence de voyage interposée, l'arnaque totale.... que faire ? Le voyage type routard a ses limites, lorsqu'on n'a pas d'explications du guide, lorsqu'il faut un permis pour voyager, lorsqu'il faut passer par une agence de voyage,

Il y a comme partout de jolis coins à découvrir, on aurait l’envie d’en voir toujours plus, est-ce le sens du voyage ?,

Le monastère Sera, un débat de moines, en public, ponctuant leur argumentaire du pied gauche et d'un clap des mains, sous les cameras des touristes, je me sens comme dans un zoo, je ne peux m’échapper, je suis un touriste comme tous les autres,

Pour quelle raison les moines se laissent-ils photographier de la sorte ? L’Etat y verrait-il un avantage ? Pourquoi ne photographie-t-on pas plutôt les ‘à côté' ?,

Le voyage rend-il plus sage, plus ouvert ? Percevoir ma ‘réalité’, c’est utiliser un ‘filtre’ à partir d’une construction identitaire occidentale,

Visite du stand de vente des médicaments tibétains d’une fabrique dirigée par des Chinois, ceux-ci semblent avoir en leurs mains l’économie tibétaine,

Partout marche le poste TV, le haut-parleur planté côté rue....déjà le matin, parfois des vidéos montrent de la musique populaire arrangée, parfois même de belles vocalises, envoûtantes et émotionnantes, et partout des tables de billard,

La petite vieille, dans un bistrot tibétain, qui voulait absolument me verser du thé au beurre de yak de son Thermos,

La mendicité, phénomène fréquent, bienfait pour le karma des donneurs ou bien conséquence d'une politique économique favorisant avant tout les Chinois immigrés ?

Les innombrables copies par exemple d'articles ‘north face’, le drill du personnel d'une grande surface -donc chinoise, c'est un pléonasme- et qui apprend à faire des courbettes devant les clients en leur disant merci ou quelque chose comme ça, une grande surface où tout est emballé, quid des déchets dans cette nouvelle société de consommation ?,

La maîtrise de la langue chinoise est essentielle pour obtenir un bon poste au Tibet,

La Suisse est populaire au Tibet, les personnes scolarisées savent qu'une communauté tibétaine s'y trouve,

Le Potala, magnifique bâtisse à l'architecture tibétaine superbe, à l’intérieur une overdose de bouddhas....deux visiteurs me font comprendre qu'ils souhaiteraient recevoir une photo du Dalaï-Lama, que je n'ai pas… les foulards blancs made in Nepal accrochés aux statues… il paraît que le Potala est le premier bâtiment à être éclairé par le soleil levant… le Potala devant lequel est tourné ce jour-là un film sauce western tibétain,

En voulant repérer le lieu de la prison, découverte d'un petit monastère inhabituel, de l'alcool à 40 degrés est offert à une divinité, les moines semblent en boire, aucun touriste en vue et aucun billet vendu, ça paraît plus authentique,

Passage rapide dans une fabrique artisanale de tapis, les femmes chantent en travaillant,

Passage rapide à l’université, la faculté des arts est plus chinoise que tibétaine, des cours de danse classique, de piano, de dessin, je reçois le prospectus présentant l'université aux étudiants étrangers, la version ancienne dit entre autres 'Tibet university has the vision to become a socialist modern national university with distinctive ethnic features', la nouvelle version n’évoque plus le socialisme et montre des photos avec des étudiants Han et Tibétains côte à côte, insistant sur le pourcentage -deux tiers- de prof tibétains,

Passage rapide à l’hôpital de médecine tibétaine, pas de patient, donc pas de traitement à voir, mais des thangkas dans la salle faisant office de musée,

La société tibétaine est considérée comme conservatrice, peut-on ‘s’adapter’ au  monde moderne sans perdre son identité tibétaine ? La religion comme un mur érigé pour lutter contre la sournoise colonisation des lieux et des esprits ?,

Le ‘tube’ qui me sort des oreilles et fredonné par les ados -au comportement international- dans le cybercentre, des ados passant des jours et parfois des nuits entières devant les jeux vidéos, ou au billard qu’on retrouve même dans les plus petits bleds.

 

Nam-tso et alentours

Un des lacs sacrés, d'un bleu superbe, pas d'habitation, une étendue de montagnes aux sommets enneigés et paraissant basses vu l’altitude du lac…enfin un moment de belle sérénité, les longues ombres portées au soleil couchant, le froid de canard, la bonne bouffe, le ciel étoilé et la voie lactée, la danse tibétaine sur fond de karaoké, les beaux visages aux pommettes rouges, le cordon rouge dans les cheveux autour de la tête, la tsampa -sorte de bouillie de céréales,

En chemin, les drapeaux de prière -notamment aux cols,  les plaines propices au pâturage, les terrains et les maisons entourés de barrières, l'agriculture parfois mécanisée mais en général à la charrue, et les foins à l'ancienne,

Au passage, j’aperçois la construction de la voie ferrée qui mènera de Lhassa à Golmud, les Chinois voudraient-ils montrer qu'ils savent mieux faire que les Suisses qui ont estimé ce projet peu réaliste ? Tous les moyens sont bons pour exploiter les richesses du sous-sol…Sur ce chantier il y a aussi des femmes astreintes à des travaux lourds,

Dans le groupe auquel je participe pour l'excursion, deux Chinoises –dont les copains sont Européens, et qui ne semblent pas informées de l'interdiction aux étrangers d'apporter des photos du Dalaï-Lama, l'une d'elle est néanmoins plus nuancée -elle veut étudier le droit et défendre les droits des minorités… peu de Chinois semblent avoir un avis critique sur leur pays, mais comment puis-je vraiement le savoir sans connaître leur langue ?

Visite de monastères à la spiritualité peu convaincante -était-ce parce qu’en raison des vacances nationales, la majorité des moines avaient regagné leur domicile ?

Les sources thermales à 40 degrés et les WC hyper ‘degueu’, la neige qui tombe le matin, la boue, les chiens,

Le temple avec les rangées de bancs couverts de tapis, les étoffes en bandes, les thangkas, les livres qui sont en fait des feuilles empilées recouvertes de tissu et coincées entre des plaques en bois gravé, la tsampa servie en visitant le petit domicile d'un moine, au goût très prononcé de beurre de yak, un peu écœurant,

L'automne dans les feuillus, superbe,

Les drapeaux de prière en guirlandes depuis les sommets, sur les ponts, en bouquets sur les toits des maisons, une légèreté constante puisque souffle toujours un vent plus ou moins fort,

Sur les murets des bouses de yaks à sécher, des branchages, du foin,

 

Shigatse

Le contraste entre l'architecture chinoise moderne type ‘catelles de WC’ avec sa succession de magasins, de larges avenues perpendiculaires, et celle tibétaine -à mes yeux plus originale, considérée comme 'old city' mais que l’on voit encerclée par les quartiers chinois modernes… c’est pareil à Lhassa,

Les inscriptions en caractères chinois plus gros qu'en tibétain,

Le sentiment que les Chinois font ‘comme chez eux’ au Tibet, mais aucun moyen de le vérifier puisque je ne parle pas chinois… sur quoi construit-t’on ses ‘vérités’, ses préjugés ?

Les Chinois me semblent être les ‘Américains de l’Asie’, un lien avec leur conception du monde et de soi ?,

La courte visite improvisée d'une maison de particulier, les tissus au plafond, les meubles peints ou sculptés, les photos du Potala et du Panchen-Lama, les thangkas,

Le monastère du Tashilumpo, siège du Panchen-Lama, les offrandes –des pièces d'argent collées au mur, de l’orge, des foulards, du beurre de yak liquide versé du  thermos, des stylos… les femmes marchant le dos courbé, parfois portant un enfant, les tabliers colorés, la svastika bleu-vert sur le sol à l’entrée du temple

… les peintures murales, les mandalas circonscrits au plafond, les statues de divinités à n'en plus compter, le son des cymbales, du tambour, de la cloche

… les sourires des gens, la frustration de ne pas comprendre le tibétain ni leur religion, les prières à haute voix des fidèles

… l'important brassage d'argent, le monastère, une entreprise philanthropique ou commerciale ?.

 

Gyantse

Gyantse, son panorama de plaine cultivée et de montagnes, le Choerten, le monastère et son antre à la divinité protectrice effrayante, les fidèles plongeant leur tête par dessous,

Le bouquet de drapeaux de prière au sommet de la colline et sur les toits des maisons, l'impression de légèreté de ce village, les vaches dans les rues, les écoliers marchant en silence dans l'aube à peine naissante, révisant leurs leçons dans des bouquins aux images 'Chine un grand pays',

La fausse liberté du voyage, on ne fait pas forcément ce que l'on veut....si ‘la souffrance vient du désir qui vient de l'ignorance’, s'agit-il, pour le mythe du voyage, parce qu’on ignore que presque tout se retrouve partout de par le monde ? Ou parce que l’on se nourrit de l’illusion de pouvoir comprendre le monde ? Le voyage n'apporte pas toujours ce que l'on souhaiterait -sans quoi le monde entier serait appelé à voyager,

Si la souffrance vient de la frustration que génère l'imperfection et qui engendre le désir d'un constant changement, alors quelles voies pour accepter cette condition humaine imparfaite ? Peut-être commencer par exprimer ses besoins et ses peurs, et faire confiance ? Tout un apprentissage,

En Chine, je perçois une tension entre une forte pression poussant à la conformité –la notion d’un espace privé est différente, on crie dans son portable -mais est-ce si différent chez nous ?....et un individualisme sous la forme du ‘chacun sauve qui peut’ -pas de gêne pour passer devant qqn au guichet, s’asseoir à la place de qqn d'autre etc.,

Je quitte le Tibet avec le sentiment que les carottes sont déjà cuites....je voudrais me tromper.

 



Chine, de Beijing à Chengdu

Publié le 2/02/2008 à 11:40, Chine
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CHINE 

 

Pékin

L’auberge de jeunesse dans le Hyatt hotel et ses bruits divers…ronflements, sexe, piplettage, scène de ménage,

La belle aperçue la nuit dans un taxi, comme une photo de Doisneau,

Le parc céleste, partout des concerts et des danses de salon, tai-chi, gym, 

Les glaces Nestlé dans le palais de l'assemblée du peuple, les contrefaçons Swatch à 25 yuans,

La propreté de la ville, du moins la partie touristique,

La visite de l’hôpital de médecine traditionnelle, il y a une direction bicéphale avec le parti communiste, le médecin me dit qu'il manque d’études rigoureuses pour prouver son efficacité, en réalité il y est pratiqué une médecine intégrée,

La rue peuplée de jeunes s’affichant en couple en toute décontraction…ça ne semble pas rencontrer l’assentiment de tous les aînés pour qui le mariage a été arrangé,

Le beau couple à la réception d’un hôtel de luxe,

La pudeur coquette des femmes stimulant les sens sans vulgarité,

Les hommes le nombril à l’air,

La transpiration en gravissant les escaliers de la grande muraille et ses feuillages bourdonnants,

La beauté de l’écriture chinoise, celle cursive aussi,

Le Musée de l’art moderne....au service de la politique, l’exposition Deng 100ème anniversaire de sa naissance au Musée d’histoire nationale… ou comment fabriquer un nouveau héros en concurrence à Mao,

Les changements massifs survenus en 10 ans et déroutant pas mal de gens, les nostalgiques de Mao qui prônait une société selon eux plus égalitaire…Deng aurait souhaité offrir des conditions de vie meilleures avec l’idée que les riches aideraient les pauvres,

L'accent de Pékin version ‘patate chaude dans la bouche’,

Pékin nouvelle capitale du consumérisme à outrance, certains magasins ouverts le dimanche, des show musicaux, les hauts parleurs diffusant en boucle des messages pub, il paraît que les Chinois aiment faire du shopping… quand on consomme, on pense moins et on est content ?,

Le ‘stade des travailleurs’ recevant, d’après l'affiche, la star de la pop pour un public de jeunes branchés et aux moyens dépassant ceux des travailleurs,

L’attention portée aux enfants, le magasin pour ‘new china children’,

La volonté de modernisation du pays....au prix de la culture, du moins en apparence,

La nature en pots ‘ikebana’ dans le parc jouxtant la ‘cité interdite’,

La fatigue d’être toujours regardé comme une bête curieuse,

La nomenklatura dans des hutong rénovés à grand frais et qui ne seront certainement pas démolis....juste à côté de la ‘cité interdite’ des projets d’urbanisation de quartiers un brin mégalo,

Deux sociétés cohabitent en Chine avec des revenus et des possibilités sans comparaison, les spectacles pour enfants de riches dans le théâtre municipal de la ville, le cirque pour les touristes de Hongkong dans un grand music-hall,

Le petit numéro dans la salle au plafond décoré du jardin de M. Song,

Le régal d’un massage au centre de coiffure à Hepingmen, beaucoup de petites mains, le crâne, le cou, les bras, les mains, le dos,

Les larges avenues où les voitures remplacent les cyclistes.

 

Pingyao

Les seuils des portes des vieilles demeures obligeant à lever le pied, les nombreuses et belles images peintes sur les façades des maisons de style Ming,

La difficulté à se faire comprendre lors des visites des musées, les inscriptions témoignant d’une muséologie surprenante « read slowly as you can, this exhibition gives a better understanding of chinese culture », le sentiment que le gouvernement a le souci de montrer l’unité de la nation chinoise et les bonnes relations avec l’étranger au cours de l’histoire,

La visite avec un guide un peu collant de quelques habitants de la ville, ils regrettent la période Mao considérée plus égalitaire,

Les ‘hallo one yuan’, les ‘hallo please’ à tout bout de champ,

Deux nuits enfin calmes, une petite ville sans bruit la nuit,

La beauté des fresques et des pièces en argile du temple Zengghuo,

Le thé au jasmin, la coriandre,

La population à un quart chrétienne,

Le sympathique resto musulman Hui où on voit les pâtes se faire à mesure -vraiment excellentes, je n'en aurai jamais mangé autant et d’aussi bonnes,

Les crachats peu appétissants après un profond raclement de gorge, les ‘slurp’ en buvant ou mangeant quelque chose de chaud, la mention ‘no spitting’ dans le train,

Moins de fumeurs que je ne pensais sauf dans les bus,

Les thermos et les verres fermés, le tchaï,

Les personnes âgées et leurs cheveux teints, pas seulement les femmes,

La calculette audio et le dictionnaire électronique de poche anglais-chinois du réceptionniste,

Le souvenir douloureux de la lame non aiguisée du barbier.

 

Xian

L'armée en terre cuite -des visages mais aussi des tenues de têtes différents, le film sur l'empereur en vision 360 degrés,

La belle mosquée, 

Selon Matt, un étudiant qui me donne son prénom "anglais", l’Europe est riche et propre, et les Chinois ne peuvent apprendre grand-chose du monde extérieur parce que l’histoire chinoise est déjà bien complexe… le peuple ne parle pas de Tian An Men, c’est un sujet tabou, on n’en parle pas puisque le parti a peut être fait une erreur et comme on est tous derrière le parti par souci d’unité… il dit aussi que maintenant les besoins du peuple sont comblés par la politique actuelle… que les Japonais ne sont pas aimés à cause des atrocités de guerre non reconnues dans leurs livres d’histoire,

L’unité -une seule heure, l’heure de Pékin, alors qu’il y a 4 fuseaux horaires,

Les vendeurs faisant la sieste à même les étals,

Le beau Musée d’histoire qui annonce ce que les visiteurs vont ressentir ‘ceci est fascinant, n'est-ce pas extraordinaire’,

Les ‘longs nez’ à nous, leurs chaussures à pointes à eux,

Le nombre de ‘bank industry and commercial bank’,

Le sentiment de ne pas être accueilli en Chine, que ce pays semble autosuffisant sur le plan culturel, les apports technologiques paraissent absorbés sans état d’âme,

Mon regard croise quand même quelques sourires,

Les ‘entertainment center’ pour amuser le peuple, peut-être l’opium du peuple, les façades couvertes de pub et le stress sonore villes -un environnement peu relaxant,

Le contraste entre le centre de la ville et les quartiers périphériques plus sales, plus délabrés,

La pluie qui rafraîchit l’atmosphère, 

L'internet qu’utilisent les jeunes surtout pour les jeux vidéo ou les sites porno, à peine pour les sites web étrangers,

Les portables dans les mains de beaucoup de gens qui parlent plutôt fort,

L'obésité de certains enfants ‘nouveaux riches’,

Le jour où je fais le ‘calimero’ en écrivant un courriel à des amis, je suis ‘entendu’ puisqu’on me dit trois fois ‘welcome in china’,

Dans une librairie étrangère une personne me raconte qu'elle est chrétienne, que les sculptures -statues de divinités, qui m’intéressent sont de la superstition, maintenant on jouit de la liberté de culte, me dit-elle,

Les sachets en plastique qui emballent tout,

La foule immense à la gare lors de l’embarquement pour Dunhuang,

Le chauffage au charbon,

La pub qui recouvre les façades.

 

Dunhuang

Un réveil de rêve dans le train –faute place j’étais contraint de faire carpe noctem en 1ère classe, des pâturages, des moutons, des bergers, et peut-être des ruines de la grande muraille, et presque pas de pub,

La foule avec ses sacs en jute cirée dans le train ‘compartiment assis dur’ -il y a bien plusieurs classes en Chine,

Le panneau de photos en uniforme des personnes travaillant à la gare routière,

Le boulier dans la pharmacie,

Les gens jouant aux cartes, aux dominos,

Ici, pas de harcèlement touristique,

La diversité des visages en Chine,

Une constante hôtelière, la brosse à dents, les sandales de taille diverse,

Le tai-chi, la gym et les exercices militaires côte à côte dans la cour entre 7h et 9h du matin avec une musique passant du romantique au tonique,

Le vieux, me souriant, avec son petit-fils sur son vélo,

Les cheveux blonds, les cheveux noirs pour se démarquer ou rester dans le rang, ou peut-être soigner une image,

Les superbes et magnifiques grottes de Mogao -la main aux doigts délicats du Bouddha, un autre bouddha endormi, les fresques avec les anges, la guide pas vraiment compréhensible bien qu’ouvrant très grande sa bouche,

Le tofu, les baguettes, le yoghourt, le thé,

Le sentiment de ne pas être dans un pays communiste,

La salle de danse le soir -les pas  lents, un mélange de tango-valse-rock,

Le sentimetn que la Chine paraît incontournable dans le concert des nations,

Le calme de la visite privée -j'étais seul, d'autres petites grottes aux belles peintures,

La peine à supporter les crachats -y en aurait pas à Taiwan, me disent des touristes,

On plagie, on copie, apparemment sans scrupules, une clé de compréhension me manque,

Les couchettes du train sont ‘molles’ ou ‘dures’, on ne parle pas de première ou deuxième classe,

Des éoliennes sur le trajet vers Urumqi.

 

Urumqi

Le Chinois aisé qui me conduit dans sa belle voiture jusqu’à ce que je trouve un hôtel, je suis un occidental donc on m’amène d’abord dans des trois étoiles,

Le Musée provincial -comme partout, des commentaires évoquant l’amitié entre les peuples, des justifications par ‘a+b’ que les Chinois ont toute légitimité à être là,

Des visages variés et plaisants au regard, des Ouïgours aussi,

Je passe par un chantier, les travailleurs travaillent 7 jours sur 7, ô Chine, pays hyper capitaliste,

Un grand magasin, le piano à queue blanc et son pianiste à la Claydermann pour les clients chic,

La climatisation terrible dans le train pour Kachgar, la frustration de ne pas être entendu lorsque je demande en vain qu'elle soit diminuée.

 

Kachgar

La poussière partout, l’époussetage quotidien,

Des visages beaux et variés,

La vieille ville, ses demeures aux balcons délabrés en bois sculpté, les intérieurs en stuc à l'orientale -des enfants m'ont invité à voir chez eux, avec des niches  pour la vaisselle,

Le bras levé de Mao dominant la place du peuple, l’éclairage aux lampions, l'animation le soir –des montgolfières avec de la pub y compris pour Bayer, le cinéma en plein air, le spectacle pseudo folklorique en deux langues,

L'heure locale et l'heure de Beijing, les deux écritures, les deux populations qui vivent côte à côte sans se mélanger,

La visite d’une classe chinoise, des élèves de 11 ans, 64 dans une petite classe, une leçon d'anglais épique dans un sacré brouhaha, une autre de sciences sociales –du matériel où l’on voit des photos de fusée, la technologie, des paysages, des lieux touristiques etc, des portraits de Mao et Deng au-dessus du tableau, et dehors des représentations ‘socialistes’ du futur brillant d'une Chine hypermoderne,

L’élève chinoise qui me demande ce que signifie le geste de la main droite portée sur le cœur,

La visite d’une autre école, ouïgour, les affiches avec les images invitant les élèves à ne pas faire confiance aux chefs religieux trop rigides,

Les panneaux montrant les projets d'urbanisation -ou comment siniser une région en prenant son temps, en offrant un habitat standard avec des supermarchés etc, de quoi étouffer peut-être la culture locale,

La place rénovée, aseptisée, et la mosquée,

Les belles femmes – un voile, un foulard ou rien sur la tête, leurs robes à paillettes,

Les galettes de pain, le raisin, les figues fraîches,

Lu près de la gare routière "resist bacteria hotel",

Une salle techno en plein après midi, pas loin de là une autre salle disco avec des jeunes en patins roulettes,

Une touriste chinoise veut se faire photographier à côté de vieux sages ouïgours qui s'en vont prestement,

L'illettrisme du chauffeur de taxi pour la langue chinoise –je n’irai pas là où je voulais me rendre, mais je découvre un beau mausolée,

Le marché du dimanche, les bêtes qui bandent sous un soleil de plomb, le voltarène en vente libre avec planches anatomiques des articulations à l'appui, la poudre de lézards séchés etc,

Le ‘briefing’ du personnel hôtelier debout en rang, dehors,

La musique genre Garfunkel ou version sirupeuse diffusée par haut-parleur du préau d’école comme à chaque début de semaine scolaire,

L'aspect ‘rapetou’ de certains Chinois avec leur coupe au carré,

L’escapade non réalisée au lac Karakul -le bus partait trop tard,

Les belles demeures de la rue Ordeshki, les ruelles tunnellisées de la médina, les rideaux aux portes –l’intimité préservée des maisons, 

Une Chine à deux vitesses, il n’y a qu’à voir les prix,

Être touriste, qu’est-ce à dire lorsqu’on n’y comprend rien à la réalité du pays, lorsqu’on trimballe son appareil photo, les baskets aux pieds, la casquette vissée sur le crâne ?

Et pour la suite, quel itinéraire choisir ?,

La recette inconnue du thé ouïgour avec des substances comme ‘latschindani kaliroutch akmutch zira pilpil kamouritchin, yakschmzez, rachmed, umdaimra amanet’, des mots ouïgour qui provoquent de larges sourires.

 

Bayanbulak

La route vers Yining avec les meules de foin, la production à ciel ouvert de farine de patates, le dispensaire aux conditions "africaines",

Le passage par le lac Sailimu avec dodo dans un pseudo yourte tenue par trois bergers chinois, une ambiance sympa le soir, et le lendemain une vraie scène de ménage, et monsieur qui ose me demander 300 yuans, je repars fâché,

Le maïs étalé le long des routes,

On me prend pour un Américain,

La culture chinoise semble juxtaposée à la culture locale considérée comme du folklore  "dépassé", leur héritage culturel est-il revu à la sauce Disney ?,

Les pâtes, elles, restent produites à l'ancienne,

 

Yining

De passage, un Ouïgour me dit que l'anglais n'est pas enseigné en middle school pour les Ouïgours puisque la 2ème langue est déjà le chinois, il me demande si je connais les problèmes politiques auxquels sont confrontés les Ouigours,

A la gare routière, la pincette qui tente de voler mon porte-monnaie, une seconde de plus et tout était loin, et personne ne réagit lorsque je crie,

Le plaisir de goûter la glace et le beignet à la courge dans un beau restaurant ouïgour.

 

Kachgar bis

Impossible de retourner au centre du pays sans avoir vu les montagnes presque himalayennes même ça coûte en temps et en argent,

L’avion qui s’envole dans les airs plus ponctuellement qu'une montre suisse, dans l'encas qui y est servi, il y a du chocolat suisse "Le Conté" que je ne connaissais pas,

Près de la frontière avec le Pakistan, une météo plutôt pourrie, juste un brin de soleil pour voir les roches rouges, quelques pâturages avec yaks et chameaux,

La musique diffusée par haut-parleurs dans les rues de Tashkurgan, à l’hôtel l’émission TV –un regard critique, qui traite du vécu des années 60’ pour les personnes ayant passé par la révolution culturelle, 

En redescendant, la splendeur des montagnes enneigées lointaines, pourtant de loin même ce qui a été grandiose paraît soudainement bien petit,

Les USA, un ‘grand frère’ à qui ressembler et à dépasser,

La Chine du yin et du yang, ma difficulté de voir en quoi cette spécificité se reflète dans un quotidien plus proche en apparence d’un ‘american way of life’,

L'obstacle de la langue, le mystère de la Chine me reste inaccessible,

Je croise d’autres touristes, on me dit que la Chine prend son temps pour réaliser ses rêves d’hégémonie, avec une mainmise progressive sur les provinces riches en minéraux comme le Tibet par exemple,

Le voyage comporte un grand risque, celui de penser que l'on connaît un pays après en avoir vu un bout,

Paradoxe, la Chine ‘non chinoise’ me plaît.

 

Entre Kachgar et Urumqi

L’étendue des montagnes enneigées vue d’avion,

La discussion avec des Chinois anglophones -ils me disent que les cheveux teintés sont un phénomène récent ‘c'est pour rester jeune’, que les droits et la protection des travailleurs existent mais ne sont pas toujours respectés notamment sur les chantiers, qu’il n’y a pas d’opposition politique dans la mesure où l’élévation du niveau de vie répond aux besoins quotidiens,

Selon eux, la révolution culturelle -livres brûlés, un seul vêtement, une seule musique autorisée, etc., est vue comme une mauvaise période, le trend vers plus d'individualisme est considéré comme normal… tout le monde n’a pas la même vision du monde, la Chine n’est pas monolithique mais à visages multiples, il y a un intérêt pour l’Europe sur le plan culturel –peut-être la journaliste du ‘china daily’ parlait-elle de la classe aisée.

 

Entre Urumqi et Lanzhou

Depuis le train vers Lanzhou, les couleurs du désert au soleil couchant, les mômes adorables,

Le jour où les vieux cesseront de se teindre les cheveux -décidément ce thème est récurrent, la Chine découvrira qu'elle est une nation vieillissante,

Discussion avec une Chinoise qui me dit que le divorce facilité est une mauvaise influence de la société occidentale, que Bush une personne tout à fait convenable puisqu'il est venu à Pékin parler des droits de l'humain et de la paix, elle n’a peut-être pas pu voir Fahrenheit 9/11 qui existe en version copiée,

Dans le train toujours, les rasoirs électriques le lendemain matin pour les trois poils apparus dans la nuit, les petites serviettes sagement alignées, des passagers charmants qui me flattent en me disant que je fais plus jeune que mon âge,

L'image de la Suisse, les montres, parfois les couteaux, le rappel omniprésent de l’Helvétie dont la croix blanche est utilisée pour signaler la présence d'un lieu ‘santé’,

Les socquettes beiges transparentes de presque toutes les dames, la musique -Claydermann, Strauss, Boney M, la variété chinoise etc., constamment présente dans le train sauf pour dormir,

Les maisons de campagne en briques de terre cuite, la version plus aisée avec catelles blanches et parfois des encarts aux motifs divers -arbres, fleurs, etc,

Le voyageur qui affirme 'you are rich and we are a developping country',

On passe par dessus le fleuve jaune -il l'est vraiment avec tout le limon qu'il charrie,

Les chefs de gare des petites stations au garde à vous lorsque passe le train sans s’arrêter,

Les nombreuses personnes assoupies dans le train,

Partout des panneaux, des chantiers ‘grands projets nationaux’, la Chine veut être une grande nation moderne, songeons aux Jeux Olympiques de 2008…. servent-ils aussi les intérêts des minorités qui ont un autre style de vie ?

Dans un journal en anglais -offert par la journaliste du ‘China Daily’ car autrement on n'en trouve pas, je lis un article sur la nouvelle mobilité qu'apporte l'acquisition d'une voiture et la disparition des bicyclettes…un autre sur le patriotisme -à ne pas confondre avec le nationalisme, à cultiver après le 'siècle d'humiliation qui a suivi la guerre de l'opium’,

Dans ce journal, un autre article sur le coût élevé de l’éducation et les risques d’inégalités sociales, ou celui sur le programme pour rendre indépendants les 290 000 chômeurs que compte Pékin, sans oublier celui évoquant Taiwan qui ‘se trompe en clamant son désir d’Indépendance’,

Mes craintes un peu parano -je me sens comme une goutte dans un océan chinois, s'estompent un peu lorsque je constate que tout le pays n'est pas encore à l'image des grandes villes visitées au début,

L’attente du train à Lanzhou, le touriste israélien me parlant de la Mongolie devant sa page internet,

Les plantes vertes aux balcons vitrés,

Les couples mariés photographiés à la chaîne dans un petit parc.

 

Xining

Une ville provinciale plus pauvre, mal éclairée la nuit, plus sale, plus sympa aussi, dans une région à majorité musulmane –‘Allah Akbar’ me réveille à 5h 30 du matin,

La ‘putze’ matinale quotidienne, beaucoup de poussière, de boue,

Je me pète aux pastilles, aux diverses vitamines, au ginseng -pas facile à trouver puisque c’est considéré en Chine comme un médicament de luxe, et des pastilles contre la bronchite au contenu inconnu.

 

Tongren-Xiahe (en boucle)

La campagne, les Hui –musulmans, qui font de la bonne cuisine, bonnet blanc ou foulard comme couvre-chef,

Dans le bus imprégné de l'odeur de beurre de yak, des Tibétains, parfois en costumes traditionnels, les cheveux tressés, des chapeaux et de grands sourires, j’imagine ainsi le Pérou,

Des Chinois Han aussi, dont les femmes portent quasi tout le temps des pantalons,

Les toilettes de la gare routière, juste des ‘trous’ sans portes, indescriptible,

Musulmans ou Tibétains, les signes de religiosité sont plus ostensibles, comme si je n’avais plus besoin de comprendre la langue, ils paraissent plus authentiques, peut-être un mythe pour le touriste occidental cherchant un retour aux sources qu'il a perdues chez lui ?

Depuis le bus, le plaisir de voir de vastes espaces inhabités -sur la carte, des points très rapprochés pourtant....des montagnes, des collines, du désert, des steppes noyées dans la brume ou la pluie,

La Chine rurale et ses milliers de bottes de foin fauchées souvent à la main , les cultures en terrasses, les couleurs d'automne, les maisons parfois entourées d'un haut mur carré, des cadres de fenêtres en bois sculpté, le portail décoré  en bois ou en faïence, les inscriptions 'porte-bonheur',

Les villages Tibétains, les stupas, les temples, les yaks, les chèvres et les moutons,

La route éreintante menant à Tongren, les artistes peignant de beaux thangka –des peintures bouddhiques,

La discussion avec un jeune Tibétain qui me dit que la situation économique des Tibétains est médiocre, beaucoup de mendicité, des femmes battues, les enfants des régions de pâturages sont scolarisés tardivement…il y a peu de conflits avec les Chinois, plus avec les musulmans –une querelle pour le prix de la viande ?

Il me raconte que les Tibétains qui se sont fait un nom sont systématiquement envoyés ailleurs, leur influence sur la vie locale en est réduite et s’ils reviennent, c’est avec l’esprit sinisé…aucun bon poste ou job n’est accessible si on ne maîtrise pas le chinois -les Tibétains apprennent le chinois et l'anglais en plus de leur langue,

Les mariages sont en général arrangés dans les campagnes, l’autorité du père est importante…la couleur de peau plus foncée distingue les Tibétains des Han…une radio indienne donne parfois des nouvelles du Dalaï-lama,

Tongren, une petite ville où les rues sont soit ‘chinoises’ soit ‘tibétaines’, on ne semble pas se mélanger beaucoup

… il y aurait une Française diplômée en anglais qui enseigne, à l'instar de beaucoup d'autres, l'anglais aux Chinois avides de l’apprendre,

Comme partout des enseignes publicitaires -notamment dans les restos, des images paradisiaques de montagnes enneigées, de grasses prairies, de lac aux eaux bleues, des images de nourriture bien colorées, l'office du tourisme suisse le sait peut-être déjà,

Xiahe, une visite guidée du monastère tibétain, dans un anglais incompréhensible, rires avec les jeunes moines en pause jouant avec une plume lestée, la carte signée de caractères tibétains

… les exercices de danse pour le prochain nouvel an au son d’une sorte de cor des alpes, la statuaire en beurre de yak, les masques rangés pour la prochaine cérémonie

 …les moines peuvent étudier la philosophie, la médecine tibétaine –absorbée plutôt per os alors que la médecine chinoise utiliserait plus facilement les aiguilles,

Le dialecte chinois parlé dans la région ne ressemble pas du tout à celui de Pékin,

Partout de larges routes se construisent, un pays bientôt couvert d’autoroutes,

Les klaxons des taxis et des bus cherchant des clients dès l'aube,

La question du sens d’être touriste....découvre-t-on ce qui est important ? Une fraternité au-delà des barrières linguistiques existe-t-elle ? Les gens du pays ont-ils vraiment à faire de notre présence ?

 

Chengdu

Le train de nuit de Lanzhou à Chengdu, son ‘broadcasting-room’ nous abreuvant non-stop de musique sirupeuse à souhait sauf pour dormir –une musique d’ailleurs omniprésente, même dans les magasins… du personnel en grand nombre pour le nettoyage, l'eau chaude à volonté, le ton particulier des vendeurs de bricoles,

La lassitude de voir et d’entendre un profond raclement de gorge –un monsieur se coupe les ongles, mange la bouche ouverte en slurpant bruyamment, se récure les oreilles, pour lui aussi mon comportement n’est sans doute pas ‘culturellement correct’… quand je suis fatigué, je deviens plus ‘crispé’,

Sociables les Chinois, ils discutent volontiers entre eux, semblent moins coincés que nous, inter- ou intra-genres, accessoirement ils mangent très vite, je passe pour un lent à côté et ce n’est pas seulement parce que j'utilise mal les baguettes,

Depuis le train, un panorama de cultures –des céréales, du mais, du riz, en terrasses à flanc de coteau- chaque parcelle de terre semble exploitée,

Les vélos, les clochettes des cyclo-pousse, le marché aux poissons, les grenouilles, les tortues dans les bacs -la SPA n’a pas passé par là,

Le centre de recherche et d’élevage de pandas, des animaux touchants par leur maladresse et leurs jeux, ils sont offerts au public comme des jouets mais c'est un animal de prestige pour la Chine…dans le parc, des panneaux de penseurs comme celui disant que la santé d’une nation se juge à la manière dont elle traite les animaux,

Le temple bouddhique de Wenchu avec ses représentations 'trinitaires' du Bouddha passé, présent et futur, les lampes hexagonales aux motifs 'chinois', le rouge et le noir, les tuiles, les bougies, l'encens,

Le centre funéraire, les urnes, la musique style fanfare, on se prosterne les mains jointes - un geste universel,

La maison de thé et les plafonds décrépis, je suis content de voir du ‘vieux’, le tricot et les jeux de cartes, les clients et leurs portables consultés à tout bout de champ,

Les vieilles maisons complètement délabrées et ‘promises’ à la démolition pour laisser place à la ‘Chine moderne’,

La nature mise en pots…on prépare le 1er octobre fête nationale,

GENEVE 

Confronter le désir à la « réalité »,

Tenter l’expérience, sans connaître la date de mon retour,

Partir, pour combien de temps ?

La ‘tribu’ est présente à l’aéroport,

Emotions,

Escale à Copenhague,

Envol pour Pékin, aller simple.



Etapes du voyage

Publié le 1/02/2008 à 01:04,
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  • GENEVE
  • CHINE Pékin Pingyao Xian Dunhuang Urumqi Kachgar Yining Entre Urumqi et Lanzhou Tongren-Xiahe (en boucle) Chengdu
  • TIBET Lhassa Nam-tso et alentours Shigatse Gyantse
  • CHINE (suite) Lijang Kunming Guilin Huang Shan Shanghai
  • JAPON Kyoto/Nara/Himeji Nagoya Tokyo
  • SINGAPOUR Singapour
  • INDONESIE Jakarta Yogyakarta Bali
  • MALAISIE Johor Bahru Kota Bahru Taman Negara Kuala Lumpur
  • THAÏLANDE Bangkok Chiang Mai
  • LAOS Luang Prabang Vientiane
  • VIÊT-NAM Hanoi Hue Hoi An Saigon/Ho Chi Minh City
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  • THAILANDE Bangkok (suite)
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  • OUZBEKISTAN Tachkent Nukus Khiva Boukhara Samarkand Tachkent (suite)
  • EMIRATS ARABES UNIS Dubaï Sharjah
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  • NAMIBIE Windhoek Sossusvlei/ Etosha
  • BOTSWANA Okawango
  • ZAMBIE Livingstone
  • AFRIQUE DU SUD  (suite) Cape Town (suite)
  • BRESIL Rio de Janeiro Ouro Preto Manaus Salvador Iguaçu
  • ARGENTINE Iguazu San Ignacio Buenos Aires Mendoza
  • CHILI Santiago San Pedro de Acatama
  • BOLIVIE Uyuni Potosi Sucre La Paz
  • PEROU Puno Cuzco Nasca Lima
  • EQUATEUR Quito Galápagos
  • VENEZUELA Caracas
  • COLOMBIE Bogota Cali
  • GUATEMELA Cuidad de Guatemal Antigua Panajachel Chichicastenango
  • HONDURAS Copan
  • GUATEMALA  (suite) Tikal
  • MEXIQUE Palenque San Cristobal de la casas Chichen Itza Uxmal Oaxaca Mexico city (DF)
  • USA San Francisco Los Angeles
  • NOUVELLE ZELANDE/AOTEAROA Auckland Rotorua Wellington Dunedin Christchurch
  • AUSTRALIE Alice Springs Uluru/Ayers rock Cairns Melbourne Sydney
  • THAÏLANDE (suite) Bangkok (suite)
  • CHINE  (suite) Hongkong
  • TAIWAN Taïpeh
  • CORÉE DU SUD Séoul
  • MONGOLIE Ulaan Baatar Erdene Zuu et alentours Gobi
  • RUSSIE Irkoutsk Krasnoïarsk Yekaterinburg Kazan Nizhny Novgorod Suzdal Moscou
  • AZERBAIDJAN Baku
  • GEORGIE Tbilissi
  • ARMENIE Yerevan
  • POLOGNE Varsovie Cracovie/Treblinka
  • SLOVAQUIE Bratislava
  • HONGRIE Budapest
  • UKRAINE Lviv
  • BOSNIE-HERZEGOVINE Sarajevo
  • SERBIE Belgrade
  • KOSOVO Prishtina
  • ALBANIE Tirana
  • GENEVE

 



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