Ouzbékistan, de Tachkent à Samarkand

Publié le 2/02/2008 à 12:24, Ouzbékistan
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OUZBEKISTAN

 

Tachkent

Je serai le seul passager à ne pas être en transit depuis Amritsar,

A l'arrivée, c'est plutôt l'hiver, les arbres sont nus....quelles émotions aurais-je en débarquant si c’était le printemps ?,

Gulnara du B&B est comme une babushka, la chambre est clame et la tapisserie fleurie....le sentiment d'être un peu comme chez soi, d’autres repères culturels que l'Inde, on est presque en Russie ici,

Le marché avec viandes, saucisses, boulettes de fromage dur, œufs, vêtements brodés, longues robes, foulards, chaussures chinoises, articles -alimentaires etc.- turcs ou moldaves, etc... les caractères cyrilliques, utilisés pour le russe et les caractères romains pour l'ouzbek,

Le Musée d'histoire ou l'ode patriotique, comme pour le Musée Amir Temur, le président est en bonne vue, même la lutte contre le terrorisme y est vantée,

Les 'militsia' partout dans les rues, elle ne m’a jamais importuné, peut-être parce que je passais pour un russe ?,

Plutôt réservés les gens....'trop d'espace' entre eux ?,

Les couleurs ternes des habits en comparaison avec l'Inde et ses saris colorés,

Les riches sont soit les businessmen soit la nomenklatura qui dans le passé et maintenant encore continue à s’en mettre plein les poches lors de contrats, encaissant les bakchich des gens souhaitant obtenir des faveurs ou éviter la prison etc.,

Le 8 mars férié, journée de la femme,

Les larges avenues quasi désertes, une circulation peu importante et un respect des règles de trafic -ça fait bizarre après l'Inde, les arbres nus et le ciel gris, les immeubles -parfois peints couleurs pastels, sans volets et sans pots de fleurs, une ambiance presque déprimante,

Les maisons aux murs hauts avec une cour intérieure et des arbres, celles en briques, parfois peintes, les toits en tôle,

Quasi pas de moustache chez les hommes, quant aux femmes on voit des fausses blondes ou rousses –voire rouges,

Les voitures Daewoo, la banque Uz-Daewoo, les nombreuses joint-ventures,

Les chaussures pointues portées par les deux sexes, les longs manteaux, les dents recouvertes d'or,

La compote d'abricot, le très bon thé vert,

La musique 'orientale' faisant penser à la musique turque ( ?),

La petite vieille aux doigts déformés qui pleure en recevant la menue monnaie,

Les enfants 'pourris' par le tourisme, qui demandent des stylos, des bonbons etc.,

Le théâtre d'avant-garde, le personnel semble principalement russophone, on y joue des pièces d'auteurs russes, paraît-il revisitées,

Les centres internet où l'on te cause surtout en russe, une musique de fond russe ou western,

Les gens qui ne savent pas lire une carte ou l'alphabet romain, ou qui ne savent pas dans quelle rue ils se trouvent,....quand je suis stressé, quand j’ai à acheter un billet avion, je peine à accepter que les gens ne puissent me renseigner,

Je me fais passer, deux jeunes filles russes à mes bras, pour un envoyé du consulat suisse pour entrer à l'inauguration d’une exposition dans la galerie d'art de la banque nationale… le lendemain, je visite quatre studios d'art, y sont présents quelques ex-pat et des russophones, ‘sorry, just look, not buy’,

La présence des Coréens, lors de la guerre avec les Japonais, Staline a fait déporter tous les Coréens en Ouzbékistan pour éviter de les confondre avec les Japonais....aujourd'hui, les gens cherchent du travail aussi en Corée, sans parler des pays du Golfe, des USA, etc.,

Les pains ronds, Nestlé en bouteille, en lait, etc.,

Les variations de température durant la journée,

Au fil des jours, le printemps pointe le bout de son nez, les arbres sont en fleurs c'est beau à voir.

 

Nukus

Les roues de l'avion à hélice roulant sur le tarmac, la paroi chauffante de l'avion dépourvu de mesures de sécurité -masques oxygène, gilet de sauvetage, etc, l’hôtesse qui me fait de la causette et me donne le formulaire d’évaluation du vol à remplir juste après l'envol,

Une ville fantomatique, glacée, le plastic recouvrant les fenêtres,

A ses portes, la mer d'Aral que je n’ai pas visitée et qui rétrécit à cause notamment de la culture du coton,

Les grandes et longues canalisations d'eau chaude et de gaz ( ?) à ciel ouvert, ‘type soviétique’, en zigzag,

Le Musée Savistsky, les services onéreux du guide, 'Aral pieta', des tableaux au style expressionniste, la porte basse de la yourte afin que tout visiteur s'incline avant d'entrer, les bijoux kazakhs plats,

Près de la grande place, dans le froid, la danseuse qui accueille les gens alors que se prépare le mariage,

Le trafic d'essence depuis le Turkménistan, il paraît que le Turkménistan et le Kazakhstan sont riches maintenant avec le pétrole, les gens auraient le goût pour les belles voitures, les belles maisons etc.

 

Khiva

La soirée chez le propriétaire -qui possède trois maisons- de la guesthouse, les hommes mangent à part, et trois femmes ‘pour leur plaisir’ jouent de la musique et chantent, la troisième danse et 'allume' les hommes qui lui versent de la vodka production ouzbek, on a beau être musulman, on ne refuse pas l'alcool, c’est une tout autre ambiance qu'au Pakistan… on me demande si ‘je ne veux pas’, jeu ou réelle 'invitation' ? Pendant ce temps, des femmes préparent le sumalak -à base de céréales- qui doit cuire pendant 24 heures pour s’épaissir, le lendemain j’arrive trop tard, il aurait fallu passer à 6 h du mat au lieu de 11h,

Une ville peu animée –c’est la basse saison, le ciel est gris, les couleurs de la carte postale sont ternes,

Le joli mausolée Pahlavon Mohammed –poète, philosophe, lutteur, les matrones venant se recueillir, l'odeur de salami, les faïences bleues humides de la tombe, les fidèles prient et partagent le pain et d'autres offrandes,

La fabrique de coton et son matériel des années 60-70,

Lors du p’tit déj’, la discussion avec Pierrette, grande voyageuse devant l'Eternel, qui me dit qu'il faut savoir s'arrêter, ne pas aller partout, que les rencontres viennent d’elles-mêmes –elle a croisé l’équipe Cousteau, elle me parle des amandiers en fleurs en février au Maroc, des routes construites par les femmes et les enfants en Birmanie, du retrait de l’Unesco de Bagan, du serein Ladakh, des églises d’Arménie, de la Grèce où elle retourne chaque année pour se ressourcer -faut pas aller bien loin pour ça-, de sa peur de l’intégrisme dont elle a vu la montée en Egypte, des sympathiques rencontres en Chine,

Intéressant de comparer les expériences, l'image d'un pays peut beaucoup changer, difficile de rester prudent et de ne pas dire 'tel pays est comme ça',

Le voyage calme-t-il l'envie de voyager ?....oui et non....je discerne ce qui me plaît et peux différer certains projets…vœu pieux ou la réalité ?

Les magasins peu achalandés, parfois pleins de bonbons, de biscuits, de sachets de shampooing, de poudre à lessive vendue par tasse, à la soviétique, la pauvreté d'un pays qui a pourtant du gaz, de l'or, et des sites touristiques que convoiterait le Tadjikistan -à Boukhara, les gens parlent tadjik,

Les maisons de brique, aux murs couverts de torchis et peints, les toits de tôle,

Les Ladas et les Daewoo slalomant entre les nids de poule à 120 km/h,

Le désert broussailleux, la pluie et la boue, le ‘restoroute’ et la table basse pour manger, on passe les mains sur le visage après le repas et souvent pendant le trajet – pour remercier, pour demander la bénédiction de Allah, les passagers du 'taxi' rouspètent contre leur président jugé peu démocratique, il y a des barrages routiers et les militsia demandent des bakchich pour passer.

 

Boukhara

Les canalisations d'eau en rénovation, des trous partout, les conduites de gaz passant à deux mètres au-dessus du sol et longeant les murs,

Le hammam où je ne vois personne hormis un touriste -un Genevois, ce n’est pas drôle, je repars aussitôt,

Les tonneaux contenant des légumes vinaigrés, au marché les bananes sont un luxe, il y a du sumalak,

Les vieux, chapan de 'velours' matelassé, chapeau, cartes à la main, assis sur un 'plateau' avec table basse, et buvant leur tchai,

La discussion avec le jeune 'mégalo', désinséré et désabusé,

La maison du premier président communiste, l'alabastre laissant passer l'air frais durant l'été, les caftans exposés, les photos montrant des femmes avec burqua avant les années 30....sans la colonisation russe que serait aujourd'hui le pays, une grande région ‘à l'afghane’ ?,

Les belles coupoles bleues vertes de la medressa -une des nombreuses de la ville, la façade aux catelles, tel un décor de cinéma, derrière les briques nues… les arcades décorées chacune différemment -ou presque, la simplicité des décorations en briques du minaret kalon et du petit mausolée,

Le centre de photographie, un petit bol d'air culturel,

La confiture de griottes, le bol à thé sans anse,

L'ambiance de ‘beautiful but dead old city’, en plus on est hors saison,

Pendant le trajet vers Samarkand, les nids de poule, la pluie, la question ‘d’où êtes-vous ?...de Suisse…ah les banques’, sans parler des classiques questions -mariage, enfants, profession, salaire, etc., parfois je m’évite des questions et m’invente une autre identité.

 

Samarkand

Enfin une ville, un peu d'animation,

La chambre dans une guesthouse où je suis tout seul, avec le ciel gris, j’ai le ‘blues’, puis le soir un repas partagé avec les hôtes, ouf je me sens mieux,

Avec un guide russe ayant grandi ici et qui parle un anglais compréhensible, la visite du très beau Registan, les coupoles aux 'nervures' suggestives, les minarets penchant en raison du poids trop grand des iwan et parfois des travaux de redressement insuffisants,

Les medressas avec des tigres, des étoiles -astronomie, un visage dans un soleil symbole zoroastrien, des édifices historiques privés de vie, les cellules de la medressa occupées par des boutiques, des cartes postales chères, comment était-ce à l'époque où il y avait de nombreux étudiants ?...et voilà que je croise pour la troisième le même groupe de touristes français,

On rénove de manière fantaisiste les tombeaux de Shar-I-Zindah, mais l’harmonie des plafonds bleu, blanc, vert, violet (?) est belle, des pourtours de fenêtres, des murs..la forme des briques en verre convexe avec croisement de 2 lignes, les symboles zoroastriens pour bien/mal et terrestre/céleste -il faut un équilibre,

Comme pour tous les sites, le ‘passé’ a été modifié à plusieurs reprises, ce qui fait rêver aujourd'hui ne correspond pas à ce que le touriste 'romantique' pouvait voir il y a cent ans,

Et derrière tout revêtement de faïence, il y a toujours 'la même chose', de simples briques,

Il y a un courant 'nationaliste' dans le pays, ceux qui ont profité des avantages du régime à la soviet clament aujourd’hui leur ‘antirussisme’, dit le guide,

Les portes des maisons sont souvent sculptées car la porte est 'le visage' de la maison, même les pauvres y mettent du soin paraît-il,

Les Internet café où les jeunes chantent sur des sites russes ou jouent aux classiques jeux vidéos,

Les magasins peu achalandés, sauf peut-être pour les bouteilles, L’éclairage parcimonieux dans les rues et ailleurs,

Le cholestérol sans doute au plafond avec trois oeufs par jour... ce n'est pas encore la saison des fruits, abricots, cerises, etc.,

La soie, le long des routes, beaucoup de mûriers n'ont encore que les branches, les feuilles nourriront les vers,

Dans chaque bled ou ville, un parc d’amusement avec la roue et les balançoires à l'ancienne,

Le cinéma avec des films que je ne comprends pas, des 'love story' série B, j’y reste seulement dix minutes,

Les nombreux travailleurs qui vont au Kazakhstan ou en Corée pour gagner 1200 $ par mois, ce qui équivaut au salaire annuel en Ouzbékistan,

Les prairies vertes, avec moutons et chèvres, vaches, après les pluies de printemps, les maisons aux toits à quatre côtés, de couleurs bleu pâle, gris, vert, jaune pâle, je me crois en Roumanie,

Le geste de passer les mains sur le visage, geste de prière que font souvent les gens en voiture en passant à côté d'un cimetière, ou avant et après manger, en le faisant ils disent 'Amin',

Comme à Boukhara, à Samarkand les gens parlent principalement tadjik, il paraît que les gens ne souhaiteraient cependant pas 'retourner' au Tadjikistan car ce pays est bien plus pauvre,

La visite, par l'intermédiaire du fils du proprio de la guesthouse, de son école, des photos des élèves méritants, la préparation de Navruz -poèmes, etc, des classes où l'enseignement se fait en ouzbek ou en russe, apprendre le russe semble être encore un avantage,

Les téléphones vieillots et hyperchers,

Les nombreux pare-brises fendus en Ouzbékistan, trop chère la réparation,

Nestlé, Coca, Colgate monopolisant le marché,

Une expérience ouzbek globalement reposante, peu de trafic, les hôtes des guesthouses plutôt welcome et où l'on ‘régresse’, le riz au lait, les œufs, le yoghourt, le pain, la compote d'abricots, le thé vert, après l’Inde je souffle un peu,

 

 

Tachkent (suite)

Les angoisses à propos de l'impossibilité de réserver un vol partant depuis l'Inde, selon une agence privée, 'yes, it is possible', me répond-on à l'office d’Ouzbékistan airways, et l’esprit s’allège,

'Bloha', ‘mauvais’ en russe, disent les chauffeurs de taxi commentant la situation du pays, notamment le problème de chômage,

Quelques beaux visages, ...‘I call this number for you…Yes, thank you’, ah quels yeux !,

Les confettis de pétales des arbres en fleurs, le printemps est beau partout,

Ici on travaille 6 jours sur 7, yc les étudiants et écoliers,

Pas un seul journal en anglais ni de programme culturel, je ne vois quasi personne lire un journal ou un livre,

Je n'entends pas de muezzin, une autre ambiance qu'au Pakistan,

Les oiseaux chantent le matin du Navruz –l’équinoxe du printemps ensoleillé, les arbres fruitiers dans la cour sont protégés du froid et du vent -abricotiers, cerisiers, figuiers, kaki,

La fête du Navruz, sur certaines places on chante en play-back, on danse en bougeant les épaules, les bras occupant l'espace, les talons frappant le sol, avec rotation du corps vers la droite et la gauche, un rythme binaire entraînant, une ambiance sympathique, il y a un jeune artiste peintre et enseignant, un autre comédien acteur de cinéma… si seulement je parlais russe ou ouzbek pour communiquer,

Les ballons colorés et brillants, groupés et se 'trémoussant' au vent....tels des seins de danseuses,

J'aurai beaucoup entendu parler russe en Ouzbékistan, surtout à Tachkent, il paraît cependant que beaucoup de Russes ont quitté le pays après l’Indépendance,

L'église orthodoxe vue depuis le taxi, dans un quartier qui semble plus huppé, avec un centre sportif en apparence moderne, mais pas d'eau dans la piscine car la belle saison commence en mai,

Le vieux hammam de quartier,

Les ladas et autres voitures russes, à côté des japonaises et des coréennes,

Les arbres fruitiers en 'tige' vendus au marché, les coupoles du marché, les boulettes de fromage sec,

Les parfums, plus le fait de jeunes hommes que de femmes,

Les vieilles femmes pauvres assises par terre en quête de sous,

Les belles jeunes femmes, en pantalons moulant, se promenant dans le parc un beau jour de printemps,

Les pâtisseries du genre ‘forêt noire’ hyper crémeuses, les biscuits vendus au kg, les yoghourts fabriqués en Russie et vendus à prix européen, le grand magasin turc où j’achète des chaussures plutôt chères sans hésiter longtemps … certains magasins ressemblent à nos grands magasins, contrastant par les prix et les vêtements/objets vendus avec les  classiques 'GUM' où les produits viennent de Turquie, Russie, Chine, étalés simplement, avec des escalators hors service, et des WC degueu,

La bureaucratie de la compagnie aérienne nationale, je suis prêt à payer 10$ pour le changement de date, et pas 25$, un dialogue de sourds, je dois voir ça à l'aéroport, me dit-on finalement, là-bas on ne me demandera rien,

Les traits ‘ouzbekistanisés’ du visage de Timur......l'ethnologue russe qui avait jeté un œil dans sa tombe lui trouvait plutôt des traits mongols, il l’a fait la veille de l'invasion allemande en Russie et sur la dite tombe est écrit que 'celui qui ouvre la tombe devra affronter un grand malheur',

Le riz ‘plov’,

Les motifs 'hallucinogènes' des tissus et des couvertures,

Le nombre important de russophones et de Russes, des blondes et des 'rouges' aussi,

Le Musée des arts appliqués de Tachkent situé dans une belle maison,

La TV avec laquelle mangent aussi les familles,

La profondeur du mur de la billetterie au Navoi opera-ballet.

Pour 'visiter' un pays, il faudrait lui consacrer un an, y passer toutes les saisons… je ne saurai pas ce que veut dire pour les ouzbeks la chaleur étouffante de l'été, les froids rudes des hivers,

Je suis dans tel endroit, dans un ici et un maintenant et dans le même temps je ‘dois’ songer à la suite, la préparer un peu, je me fais du souci pour ceci ou cela, les billets d'avion, tenir un budget et un timing, et constater que cela ne marche pas toujours....but what is really important ?,

Les offices de tourisme oublient parfois que les premières impressions comptent beaucoup.

 


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