Myanmar, de Yangon à Kyaiktiyo

Publié le 2/02/2008 à 12:14, Myanmar (Birmanie)
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MYANMAR 

 

Yangon

Je ne peux m’empêcher de faire un parallèle avec la situation des Kurdes en Iran ou des Tibétains en Chine,

L'aéroport de Yangon, la prise en camera vidéo des touristes, mais le système informatique est peu développé, tout s'écrit à la main,

La cuisine, les gens, un pays évoquant l'Asie et l'Inde à la fois,

Une ville intéressante, un mélange ethnique avec les Bamars, les Indiens, etc., un mélange religieux avec les églises, les mosquées, les pagodes, un mélange architectural avec les bâtiments coloniaux, etc.,

Le marché où des commerçants -notamment indiens- disent que toutes les minorités cohabitent en harmonie,

Des gens photogéniques avec leur longyi, leurs sandales, et de beaux visages -je me répète,

Le fard au tanaka -surtout les femmes- pour la beauté, la protection contre le soleil et la fraîcheur, mais pas tous ici l’apprécient, on rêve aussi ici de peau blanche,

Les bus et autres véhicules chinois déglingués, les jeunes pendus en grappe, leur longyi en contre-jour,

Les médias réduits à la gazette gouvernementale, le titre 'new light of Myanmar", quelques news sur l'Asie, sur l’Irak, sur les ‘ennemis diviseurs internes et extérieurs’, des photos de militaires,

Les vendeurs crieurs dans les rues, les habits séchant aux balcons "coloniaux", la pub pour Rôlex,

Le Shwedagon Paya, le grand stupa et beaucoup de petits autour, les bouddhas à la "peau blanche"....on s'assied en général les pieds de côté......la cérémonie de jeunes novices en habits scintillants sous les parasols dorés, d’autres réunis dans une "salle d'examen" quasi en plein air, dans un temple une auréole illuminée de façon kitsch....les tableaux en relief de la vie de Bouddha le long des longues rampes d’escaliers....la description dans les photos et autres souvenirs du 'lord Bouddha the unrivalled’,

Des jeunes me disent que la qualité de l'enseignement scolaire laisse à désirer,

La nuit du réveillon dans le train, ici on ne fête pas tant que ça le passage à la nouvelle année, dans le compartiment, un enseignant d’anglais très bavard, un chat n’est pas forcément un chat, il faut savoir lire entre les lignes.

 

Bagan

Le pick-up m'amenant depuis Thazi -assis sur une planche de bois, le chauffeur me fixe le tarif ‘à la tête du client étranger’, une jeune étudiante commente en disant ‘I'm sorry’,

La plaine de Bagan parsemée de ‘champignons’, beaucoup de temples partout, des briques rouges pour la plupart, très beau paysage même pour un touriste fatigué....des bouddhas souriants de loin et au faciès grave de près, des fresques de la vie de Bouddha ou de la vie quotidienne du 18ème siècle,

Les nats -esprits locaux- dans les temples et à l'extérieur, plutôt grassouillets, que l’on honore lors d'examens etc.,

Je revois certains temples avec un guide qui me soûle un peu, je maîtrise mal l'anglais, pas évident, j’aurais aimé moins de théorie, le guide fait une discrète allusion au prix Nobel 1991 "tout le monde l'aime......faut de la patience",

Au Myanmar, quatre Bouddhas sont vénérés, le premier se situe souvent à la porte Est du temple, il y a parfois un 5ème d’où la forme alors pentagonale du temple....des illustrations sur les faïences racontent la vie de Siddhârta –il y a 550 épisodes.... on voit les lions gardiens de l'enseignement du Bouddha, d'autres symboles tels que le paon -soleil et le lapin –lune,

On voit dans les temples birmans des nats, des statues représentant les esprits, croyances prébouddhiques -qu'on retrouve ailleurs aussi… les nats 'supérieurs' protégent le temple, les 'inférieurs' sont vénérés par les humains par exemple pour réussir aux examens etc......devant un des nats il y a une pierre qu’il faut soulever pour en évaluer le poids, on demande au nat que la pierre soit légère pour assurer l'exaucement du vœu, puis on demande confirmation on priant que la pierre soit lourde,

La cosmologie comprend 31 niveaux qu'on retrouve dans la forme du stupa (?), dont quatre pour les enfers, un pour les humains -seuls êtres vivants capables d'atteindre l'illumination pour devenir des bouddhas, six pour les anges et vingt pour les Brahmans,

Autour du stupa, il y a des animaux symbolisant les jours de semaines, garuda pour la victoire le dimanche à l'angle N-E, le tigre pour l’absence de peur le lundi à l’Est, le lion pour l’enseignement de Bouddha le mardi au S-W, l'éléphant  pour la chance le mercredi matin au S, l'éléphant sans défenses au N-E, le rat pour un coeur aimable le jeudi à l’W, le porc de guinée pour les valeurs esthétiques le vendredi au N, le naga pour l’acuité le samedi orienté au S-W et opposé à 'son ennemi' le garuda.…le mercredi matin est important puisque c'est ce jour que Bouddha a eu l'illumination,

Il y a plusieurs positions des mains du Bouddha : assis -enseignant, méditant- la main droite avec la paume orientée vers les fidèles pour exprimer ‘n’ayez pas peur’, ou bien les doigts formant un anneau enseignant le premier sermon –roue de la vie, etc, ou bien la main droite touchant la terre lorsqu'il soumet les démons du désir -rana?, ou bien les deux mains à la poitrine pour exprimer la compassion et la bénédiction, ou bien les paumes des mains vers le ciel -droite sur la gauche-,

Il y a plusieurs postures, en position méditative de lotus, et couché 'relaxe' avec les yeux ouverts, les yeux fermés et la tête tournée vers le nord lorsqu’il est couché passant dans le nirvana, debout en accordant des bénédictions ou s’opposant aux forces du mal, ou bien les bras allongés lors de voyage, marchant comme à Sukhothaï après son retour du paradis sur terre,

Le Bouddha à 108 caractéristiques qu’on peut voir sur les plantes de ses pieds en position couchée, 20 principales et 88 mineures (?)....les bouddhistes ont aussi une sorte de rosaire,

On rapporte que la vie du Bouddha a passé par la découverte de la souffrance, de la vieillesse, de la mort, il a tenté d'y répondre par l’ascèse, sans succès….lors de l'illumination, il a compris que le chemin est celui du milieu, entre l’ascèse et le plaisir des sens, il a exposé lors de son premier sermon les quatre nobles vertus, le constat de la souffrance, son origine dans le désir, le fait qu'en supprimant le désir on supprime la souffrance, et la manière d'y parvenir à savoir le chemin des huit pas....l’amélioration du karma se réalise dans les dimensions physique, verbale, mentale,

La communauté bouddhique repose sur le Bouddha illuminé, le Dhama = l'enseignement des illuminés, et le Sangka = l'ordre saint des moines....auxquels s'ajoute l'enseignement des pères ( ?),

Je dors dans le village voisin de Nyang U, avec ses nombreux petits magasins et restaurants de rue, la pauvreté, on puise l'eau dans le puits, parfois avec une pompe électrique....on voit des maisons aux parois de lamelles de bambous, mais les conditions de vie sont inégales, une famille aisée ici, une famille pauvre juste à côté,

Un jeune homme accompagne son père hémiplégique pour la promenade, les enfants me courent après en criant ‘hello’....je vois aussi un petit bureau inoccupé du parti d'opposition,

La musique dès 4h20 du matin le 4 janvier....Independance day oblige.

 

Mandalay

Depuis l'avion, un canal ( ?)…à l’arrivée, pas un bus depuis l'aéroport, chacun se débrouille, une personne me propose de partager le taxi, puis se ravise, cela pourrait sans doute lui causer des ennuis,

Mandalay est le centre du commerce de jade, du rubis, de l'opium, les businessmen Chinois sont là, on voit les immeubles à l'architecture ‘catelles de WC’, des inscriptions chinoises plus nombreuses qu'ailleurs,

Le rythme régulier du pédalier des vélos,

Les jarres avec l'eau potable coiffées d'un couvercle d'osier, le cabanon de chantier en bambou,

Le temple avec un beau bouddha doré, aux oreilles ‘ailes de papillon’, des décors de miroiterie, un décor de théâtre pour les représentations de la vie de Bouddha,

Les pick-up, les vieux bus, tout déborde de monde, on s'entasse, on semble supporter beaucoup dans ce pays,

Les pannes de courant très nombreuses, les générateurs à la rescousse,

Au retour d’un spectacle de marionnettes où j'ai failli m'endormir de fatigue, je passe par une 'rue chaude' où l'on vend des préservatifs à ‘ciel ouvert’,

La discussion avec le jeune personnel de l'hôtel, masculin puisque c’est le soir –les femmes ne travaillent que de jour, pas une critique ouverte vis-à-vis du gouvernement, prudence ou apolitisme ? "On veut vivre en paix, selon de bonnes valeurs morales"…d'autres médias que les organes officiels sont parfois accessibles, tels que BBC News, "nous sommes informés, nous sommes au courant de la catastrophe du Tsunami"… pas de problème de coexistence au Myanmar, ‘seulement parfois avec les musulmans’, me dit-on,

A part des magazines de sport, pas grand-chose d’autre dans les kiosques pour l’info 'étrangère',

La soirée festive près d'un monastère -pour collecter des dons, il y a un show musical à la Broadway version locale, des stands divers, il y a une grande roue -bonjour la sécurité !, beaucoup de ‘hellos’, des stands de nourriture, je suis le seul étranger, quasi personne ne bouge en écoutant la musique bien rythmée, on me dit que la police intervient si les corps swinguent trop,

La school of fine arts, les instruments classiques -xylophones et 'gongs' disposés en cercle- une musique pentatonique alors que les instruments permettraient aussi de jouer 'do ré mi....', c’est beau de voir les gestes de la danse traditionnelle -pieds, mains, tête, une ressemblance avec la danse pratiquée dans les autres pays de la région....un atelier de sculpture avec des œuvres à la Botero......sur un panneau, je lis qu'un des buts de l'école doit être de ‘prévenir l'infiltration et l'influence de la culture de l'ouest, de préserver la culture, la morale, la souveraineté nationale’,

L'escapade inattendue -sur une moto sans coussin- dans un petit village de tisserands, le bruit cadencé des machines, la visite d'une école primaire, cinq classes dans un seul grand bâtiment sans cloisons, chaque enseignant hurle, les élèves répètent en hurlant, -on peut donc quitter l'école sans connaître beaucoup de la langue anglaise, mais les conditions en milieu rural sont autres qu'en ville… "are you happy with your work ?" les ‘yes’ semblent fatigués,

En revenant en ville, passage dans une région bucolique 'parsemée’ de stupas blanc et or, des rizières et des plans d'eau où se reflète le soleil,

U-Bein bridge, un pont en bois, les photographes japonais s’y ruent pour le soleil couchant, deux arbres morts dessinent une belle silhouette, très bien placés, peut-être rendus photogéniques par des désherbants ?,

Innwa et le monastère en bois, très photogénique avec les moines à l’étude, l'ombre, la lumière et la couleur orange des robes, on demande de l'argent pour les orphelins qui ont l'école ‘justement là où passent les touristes’, je suis content de ne pas avoir d'appareil photo, ces cameras pointées paraissent intrusives....plus loin de petites ruines avec de vieux bouddhas, c’est apaisant de voir ces statues calmes assises…l'architecture bouddhique est réussie, avec la forme ronde en cloche de certains stupas, les temples avec toits carrés à étages, des 'crêtes' en vagues.

 

Yangon (suite)

Le train depuis Mandalay, ‘horse train’ -ça bouge tellement qu'on ne tient pas debout, il paraît que le train déraille parfois, 5 dollars pour les locaux, 33 pour les touristes pour la même prestation, et la fenêtre laissée ouverte, le froid et plus tard la pneumonie en cadeau....depuis le train, des rizières inondées au crépuscule, des villages avec des maisons en bambou 'tressé' -en dehors des villes les conditions de vie sont très modestes.

Le quartier plutôt chic des ambassades de la capitale –on y voit aussi la maison des Jéhovah, l'école Montessori, etc.,

Les écoliers en uniforme -pour les garçons un longyi,

Les nonnes en rose,

Le parc d'attractions près de la pagode Shwezigon, avec la chaise à massage électrique,

La pagode Sule Paya où on récite, nuit et jour, pendant quinze jours chaque année, des paroles de Bouddha, grâce à ça la Birmanie aurait été épargnée en partie du Tsunami, me dit-on,

Les pubs d'Ovaltine,

Les conducteurs dormant sur leur trishow,

Les fils électriques.

 

Kyaiktiyo

‘Golden rock’, des sourires nombreux, une ambiance très sympa, une ferveur populaire, y compris les jeunes, c’est aussi une destination touristique pour les locaux, on entend des prières chantées,

‘Ladies not allowed’ pour apposer la feuille d'or sur le roc, elles ne peuvent pas non plus approcher de trop près la statue de Bouddha dans les temples,

Dans le bus, beaucoup de jeunes vêtus à l'occidentale, parfois un T-shirt 'U.S. army', écoutant à plein tube des reprises version birmane de Madonna etc., dans le bus aussi une vidéo où seules bougent les lèvres d'un moine récitant son discours,

Une certaine pudeur mais aussi un autre rapport au toucher –les gens se massent la nuque par exemple- qui n'existe pas en Europe… mais ma perception de la réalité locale reste superficielle,

Parmi les jouets et bibelots vendus comme souvenirs, des pistolets en bambous, on voit que ce sont des jouets, et qu'en penserait Bouddha?,

C’est le week-end avec une fête 'foraine' sans interruption, des jeux d'argent, des bières à profusion, les hommes portent leur petit et continuent à jouer, les micros déversent leur flot de paroles, et la nuit pour moi finira sans fermer l’oeil,

Le massage birman, on appuie, on tire, ce n’est pas soft du tout,

On envie ici la peau blanche -et parfois les nez pointus, et moi qui rêve d'avoir leur couleur basanée pour porter la chemise blanche et le longyi,

Le retour vers Yangon, dans le bus, le film de James Bond et ses scènes de violence qui me semblent plus brutales, moins codifiées, plus 'réalistes' que les exemples aperçus dans les films asiatiques avec leurs jeux de pouvoir et de soumission ?… les sous-titres sont en anglais, que déduisent les gens en voyant ce film ? Je suis frustré de ne pas pouvoir le savoir, la barrière de la langue, toujours elle,

L’envie de dire qu’un 'hello one dollar' aboyé aux clients me fait fuir,

Les tatouages sur la peau basanée,

Le dernier soir, un massage birman pour tenter de soulager un lumbago, la masseuse le fait avec son coude, en balançant pour diminuer l'effort… pas toujours soft le massage en Asie,

Comme partout en Asie, le glutamate –était-ce ça, cette poudre blanche ?- élément essentiel en cuisine,

A l'aéroport, je tente de dire que le taux de change gouvernemental est de la pure arnaque -la moitié du taux offert en ville, on me renvoie ici et là, je n'ai qu'à écrire à la banque centrale ou au ministère des finances me dit-on, je pars en m'étant exprimé mais je sais que cela ne servira à rien,

Tout est ‘gris’ lors d'une dictature, se méfie-t-on les uns des autres ?

 

 


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