Indonésie, de Jakarta à Bali

Publié le 2/02/2008 à 11:58, Indonésie
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INDONESIE 

 

Jakarta

L'alphabet latin......les cigarettes parfumées à la girofle, les moustiques qui me bouffent,

Contrastant avec les luxueux buildings, souvent des hôtels, on voit les 'classiques' visages de la pauvreté, les tôles ondulées, les rues non entretenues, les gens sans boulot,

Les gens à la tenue toujours soignée mais pas ‘fashion’,

Musées et magasins sont fermés, on fête la fin du Ramadan, les gens partent dans leurs villages retrouver leur famille pour mettre terme aux éventuelles querelles, ce qui donne une capitale presque déserte, d’habitude une mégapole polluée,

La réception d'un hôtel luxueux où je prends des renseignements, la climatisation bienvenue, la musique de Mozart et consort, un autre monde,

Un pays musulman, les appels à la prière, des femmes sont voilées, d’autres ne le sont pas, les femmes sont les égales des hommes, me dit le patron de la guesthouse,

Le resto affichant sur sa carte de menu le rœsti, les spécialités vaudoises, allemandes, du bircher, on est en quartier touristique,

La visite du zoo....quelques animaux perdus dans une foule humaine immense, aussi nombreuse que les déchets jonchant le sol, un lieu de pique-nique, des sourires partout, des 'hello mister', des beaux visages.... et surgit un groupe exubérant de travestis et de trans au maquillage caricatural, quelle en est l’acceptation sociale ?

La visite de ‘mini indonesia’, sorte de Ballenberg, les maisons traditionnelles servent de décors à des animations musicales diverses, là aussi une foule, l’arnaque du taxi et le bus pour rentrer, je demande mon chemin, je me retrouve à manger avec une famille, par terre mais ce n’est pas l’habitude dans le pays,

Différence d’avec le Japon, entre eux les Japonais sont relax, mais face à l'étranger, c'est l'étiquette, alors qu’à Jakarta, les contacts sont faciles, mais on ne montre finalement que ce que l'on veut montrer, je reste un  touriste, donc considéré comme riche,

Le train pour Yogyakarta, on y vent des canettes -non recyclées- de café coréen au ginseng, du retard au départ et plus important encore à l’arrivée, des marchands ambulants proposent de la nourriture, des mendiants, des travestis/trans chantent en se déhanchant et collectent de l'argent, une dame portant foulard y va aussi de sa piécette…pas de poubelles dans le train, les fenêtres sont ouvertes, il n'y a qu'à jeter,

Au cours du long trajet, des rizières d’abord plates et sèches puis plus verdoyantes –des dos courbés et des chapeaux coniques, des collines à la végétation luxuriante -bananiers, manguiers, papayers, c’est du Gauguin, quelques fois des ruisseaux, des villages aux toits carrés en chapeau pointu de tuiles rouges, la réalité rencontre le rêve, le confort en moins, mais les bouquins de photos restent ‘menteurs’,

Les gens nourrissent beaucoup d’espoirs en ‘SBY’, le nouveau président hors parti élu un mois auparavant, me dit un employé en informatique… une femme couverte d'un foulard me prend de haut -elle fait 1m50 -just kidding… comment ont-ils fait pour supporter la chaleur durant le Ramadan, question de foi, me dit-on,

Coca-Cola et Danone bien présents sur le marché des eaux minérales,

Je rêve d'un bain japonais version fraîche,

Une seule ligne ferroviaire sur plusieurs tronçons, un pays de 220 millions d’habitants, mais où donc vont les pétrodollars ?

 

Yogyakarta

Une ville qui semble appartenir au sultan, 12’000 personnes travaillent pour lui, y compris les artisans de batik,

Les rickshaws comme en Inde, et beaucoup de motos, parfois toute une famille y est assise, deux adultes et deux gamins,

Le crapaud responsable d’une nuit blanche,

Borobudur, lieu investi par des hordes de touristes locaux, des jeunes surtout, qui défilent littéralement pour me prendre avec eux en photo 'hello mister, please', la sérénité on peut oublier,

Une belle symbolique de ce lieu, d’abord on se purifie en traversant une rivière séparant deux petits temples avant d’accéder au site, une architecture traduisant la cosmologie bouddhique, d’abord en bas le monde des désirs, la sphère de transition avec libération de la forme corporelle et des soucis de ce bas monde, la sphère divine de la perfection et de l'illumination

…. la base du temple a une forme de mandala à étages invitant à la circambulation, les derniers étages sont circulaires avec des rangées de petits stupas autour d'un plus grand, central qui -contrairement aux autres- est vide

… il y a des ‘portails du temps’ sous lesquels on passe, un passage irrémédiable,

Prambanan, un complexe de temples hindous, avec des escaliers représentant le monde des mortels, puis le 2ème étage évoquant celui des purifiés, il y a seulement une entrée donc une seule voie d'accès aux dieux, puis le 'toit' étagé pour les divinités

.... la spiritualité polythéiste m'est difficilement accessible lorsque je ne la vois pas 'habitée' comme en Inde, je me sens presque indifférent, ce lieu est touristique, on y vient pour pique-niquer, il y a de la musique diffusée par les amplis,

Dans le bouquin d'un touriste, je lis qu’en terre musulmane, on retrouve des pratiques animistes liées aux récoltes de riz… je me dis finalement que bien des lieux sur cette planète peuvent être abordés de la même manière, avec une religion monothéiste et des pratiques religieuses de coloration animiste en arrière fond religieux culturel,

Dans les rues de la ville, le bruit, la pollution, les 'hello mister', la pression pour l’achat, et quelque minutes de grâce en croisant un homme pieux en vacances avec sa famille et qui me salue juste avant de se rendre à la mosquée,

Voir un film au cinéma est quasi impossible, on me raconte que suite à la crise financière secouant l'Asie il y a quelques années un proprio a laissé brûler ses deux cinémas pour recevoir de l'argent de l'assurance,

Le spectacle de marionnettes en cuir, seulement huit touristes forment l’assistance – il paraît que ça ennuie les habitants, l’Indonésie c’était aussi le théâtre d’ombres, un cliché fout le camp, je quitte la salle au profit d’un cybercentre,

Le kraton, 'palais' du sultan local -un personnage paraît-il charismatique détenant une bonne part de l’économie locale –des hôtels, du batik, de la canne à sucre, etc, qu’il souhaiterait préserver de l'intrusion étrangère, notamment chinoise

…on me dit que les Indonésiens n’accueillent pas les Chinois avec enthousiasme, de même les Américains à cause de la question irakienne, et les Australiens suite à leur soutien à la cause est-timorienne -ils sont accusés d’avoir manœuvré ainsi afin d’obtenir plus facilement des contrats avantageux pour le pétrole

…dans le palais, certaines inscriptions sont en langue locale –une écriture évoquant d’autres langues asiatiques, un joli petit palais pour les cinq princesses parties étudier à l'étranger

…on me raconte que les enfants 's'occidentalisent mais sans perdre le respect envers leurs parents’, notamment lorsqu'il s'agit d'obtenir l'assentiment pour le mariage, mais il arrive aussi qu’on force la main en tombant enceinte,

Le Musée Sono-Budoyo, la statuette en bois au visage allongé, un sexe en forme de flamme, le pied posé sur un serpent

… une société influencée par le mode agricole, des régions sèches et humides où la culture du riz impose une organisation de l'irrigation,

Des ‘leather puppets’, lorsque le nez est long et dirigé vers le bas, c’est une bonne personne, lorsque le nez est retroussé, c’est une mauvaise personne, les marionnettes ont servi de support à diverses formes théâtrales, anciennes et parfois modernes, par exemple au cours de l’Indépendance, elles ont été aussi utilisées pour illustrer la notion de pancasila,

Le spectacle de danse Ramayana pour quelques touristes égarés, le texte introductif en anglais, allemand, la version française n’est vraiment pas présentable, je propose mon aide pour les corrections, it has been my homework.

 

Bali

Ubud, j’y arrive le soir, tout le monde est vêtu de sarongs, de chemises et de foulards blancs noués autour de la tête.... c’est le jour d’une cérémonie pour apaiser les divinités, les gens vont en procession d'un village à l'autre,

Le spectacle de danses ‘legong’ et ‘barong’, les mouvements de la tête, des mains, des yeux......représentant une danse royale et une danse mettant en prise les forces du bien –un lion- et celles du mal –une sorcière....la danse ‘kecak’ où des voix d'hommes rythment l'histoire,

Bali, une destination 'japonisée', tout est traduit, même dans les musées,

Les temples hindous sont carrés, il y a les divinités Shiva, Vishnu, Brahma, et une divinité suprême rendant la religion compatible avec le principe indonésien de pancasila (....un seul dieu....), importante aussi est la déesse du riz,

Les mauvais esprits ont de la peine à faire les virages, alors on évite de tracer les chemins en ligne droite,

Il paraît que le système des castes ne joue plus vraiment un rôle, sauf pour les prêtres,

Je regarde le ciel, que sommes-nous face à la myriade d’étoiles autour de nous ?

Les toits des maisons en paille noire, et beaucoup de petits autels, différents selon la caste, dans chaque maison, dans les champs, à même le sol des offrandes aussi, aplaties par les semelles de touristes rêveurs......on respecte Brahmâ, les ancêtres -Vishnu et les morts –Shiva,

Les fleurs -cambodia, hibiscus, lotus qui ne s'ouvre que le matin, nénuphar, etc., le vert des rizières, les petits drapeaux blancs servant d’épouvantails, les cocotiers, les bananiers, des arbres aux noms inconnus, et de l'eau,

L'office de tourisme offre la possibilité d'assister à des crémations, cela ne semble pas choquer.... je lis que le corps est souvent enterré dans l'attente de moyens financiers pour payer la crémation, la forme de la pagode portée en procession dépend du rang de la personne, le cercueil est déposé par la suite sur une installation représentant une vache et on y met le feu, une cérémonie avec gamelan, danses et repas, les cendres seront ensuite jetées dans l’océan,

Une île à l’ambiance détendue.... le tourisme oui, mais pas sans abandonner la religion, telle est la devise des habitants qui consacrent une bonne part de leurs revenus pour les rites religieux, la recette pour garder un certain charme malgré le tourisme de masse ?,

Au musée local, une statuette en bois de la déesse de la prospérité, allongée, tout en courbes,

Même sous les tropiques, il peut faire frais dans les montagnes où l’on trouve des fraises, un régal,

On n'utilise pas forcément les mêmes mots selon le rang de la personne à qui on s’adresse… une langue à la belle écriture,

Les maisons sont orientées selon l'axe montagne-océan, la structure comporte des parties représentant la tête, le corps, les pieds, la poubelle est 'l'anus' de la maison, tout se fait en accord avec la cosmologie, les dieux, les humains, les démons,

Près de Lovina, au nord, une plage de sable noir, je suis le seul touriste, au loin j’entends une scène de ménage… l’Asie ce n’est pas seulement harmonie et sourires,

La visite d'une école, une sorte de cycle d’orientation privé, plus cher que l'école publique, jusqu’à 48 élèves par classe, en uniformes blancs et bleus, il y a mixité, des élèves plutôt turbulents et farceurs, un brouhaha continu, ils ne comprennent pas mes phrases en anglais et n'osent pas le dire.... des visages basanés souriants.... dans les degrés supérieurs, ils ont la possibilité d'apprendre le japonais ou le b-a-ba de l’hôtellerie pour devenir un ‘bellboy',

Le prof d'anglais dont les connaissances sont plutôt limitées rêverait de venir en Suisse, il me demande si nous avons quatre saisons, l'une où il fait froid, une autre où les arbres perdent leurs feuilles ?,

La valeur du franc suisse est forte, j'en suis mal à l'aise mais mon porte-monnaie est bien content.... l’Indonésien 'moyen', avec environ 150 euros par mois, ne pourrait même pas se payer le voyage,

Dans les rues, des touristes torse nu, simple caleçon et nu-pieds, j’ai honte....les Balinais n'oseront pas dire que c'est choquant, faut bien choyer les touristes,

Les Balinais à la peau plutôt 'bronzée' ont un penchant pour la peau blanche valorisée dans les publicités comme dans bien des pays,

Rêverie en visitant les lobby des hôtels luxueux, 220 dollars la chambre comme prix de base, comme clients des Australiens, des Japonais, des Européens, et quelques Indonésiens qui ne peuvent qu’être corrompus, dit-on ici,

Pas de jobs en suffisance, chacun lutte pour son quotidien, 'hello taxi, hello transport’, et des ‘hello massage’ venant de vieilles femmes coiffées d'un chapeau conique au bord de la plage,

Cinq minutes d'un film indonésien tourné à Jakarta, intitulé 'virgin', il raconte que les jeunes filles ont tout à perdre si elles s’adonnent au tabac, à la drogue, à l’alcool et au sexe,

Joli coucher de soleil sur la mer, les autres soirs ont bu leur tasse d'orages,

Dans les rues le matin, des parfums d'encens, des petites corbeilles d'offrandes –du riz, des biscuits, des fleurs,

Les traces dans le sable humide et les cercles concentriques autour de petits trous où se réfugient les crabillons, la plage et ses surfeurs, les belles vagues,

On parle de démocratie balbutiante, d’un pays connu pour la corruption massive qui gangrène l'appareil étatique, de la diversité dans les langues, des ethnies,

La musique entendue dans les rues, elle me fait penser au répondeur de 'la maison de l’Indochine/Chine’ à Paris,

J'abandonne l'idée de vouloir quitter un pays après en avoir ‘senti’ toute l’épaisseur, c’est mission impossible, vaut mieux voir plusieurs beaux coins et pour le reste rester ouvert,

Que signifie le voyage, découvrir ses limites ?

Y a-t-il un  intérêt à connaître la culture ou la mentalité du touriste, quel temps reste-t-il pour s’informer, comparer, vouloir connaître ? Le touriste donne-t-il envie d'être connu ? Et notre intérêt pour l'autre, qu'en est-il au-delà du cliché ?

Les gens se posent souvent la question du pourquoi un touriste occidental voyage seul, je me la pose parfois aussi… à chacun ses questions existentielles, seuls changent les décors,

On me confisque les ciseaux à l'aéroport de Denpasar, les vols en sont-ils plus sûrs pour autant ?,

Pendant ces dernières semaines, Arafat est décédé, Bush et Federer ont gagné, des poissons d'aquarium ont été génétiquement modifiés par des Taiwanais pour devenir dorés fluorescents la nuit histoire de conquérir le marché chinois, l'or porte bonheur.

 


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