Japon, de Kyoto à Tokyo

Publié le 2/02/2008 à 11:53, Japon
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JAPON

 

Kyoto/Nara/Himeji

Tout semble propre, la Suisse paraît plutôt négligée en comparaison avec ses chewing-gum collés au sol, ici à peine un mégot,

En Chine les billets de banque avaient cinq langues -chinois transcrit en pinyin, mongole, ouïgour, tibétain, personne n’a su donner le nom de la 5ème… ici une seule langue, les billets semblent toujours avoir été repassés, le porte-monnaie s’allège rapidement, je me sens pauvre au Japon, j’imagine les touristes à bas revenus cherchant des solutions économiques en visitant la Suisse,

Je ne suis pas harcelé par les commerçants, c’en est presque agréable,

‘Hai’ suivi d’une courbette, tout semble réglé comme du papier à musique, j’ai l'impression qu’ils ‘en font trop’, les plans de bus sont presque trop bien faits, c’est l'abondance de détails, j'en suis complètement inhibé, les gens se plient en quatre pour vous aider,

Aux gares, on indique sur le sol les emplacements où monter dans les trains, il y a un wagon réservé aux femmes dans les trains… on signale s’il faut monter l’escalier par la droite ou la gauche.... les gens attendent le bus en faisant la queue même aux heures de pointe,

On roule à gauche, une mélopée accompagne le passage des feux au vert pour les piétons, les automobilistes s'arrêtent, les voitures sortent toutes ripolinées du garage, on n’entend pas de klaxon, les routes sont lisses, les lignes blanches et nettes se prolongent jusque dans les nombreuses petites ruelles de la ville,

Monotonie urbaine de maisons cubiques à quelques étages, urbanisme quadrillé, les villes de la côte est se succèdent sans frontière manifeste, seules les montagnes semblent peu peuplées, les Japonais aiment la montagne -et les alpes suisses,

Pas mal de gens savent l’anglais, ils sont serviables, réservés, la forme a son importance, l’imprévu semble les  incommoder, il faut réserver par téléphone, on n’entre pas comme ça dans une guesthouse, la gêne est énorme et communicative lorsqu’ils ne connaissent pas la réponse ou ne comprennent pas l’anglais,

Beaucoup de jeunes à l’allure branchée, walkman dans les oreilles ou le portable, coupe ‘trash’ pour les garçons, l’uniforme scolaire avec cravate, longue frange aussi pour les filles que l'on voit en minijupe, jambes en tonneau, socquettes blanches ou bleues et marchant pieds en dedans,

La visite du Musée d’art moderne, la belle expo de l’artiste Kazuo, les poteries ‘night offering’, ‘separation toward fusion’, ’distance adhesion’,

La promenade en groupe avec un guide plein d’humour, qui raconte que les temples shinto sont ‘pour la vie ici-bas’, avec les rites de purification par l’eau, les prières pour une bonne fortune, tandis que les temples bouddhiques sont ‘pour l’au-delà’ avec la divinité de la miséricorde ou du paradis....les deux religions cohabitent parfois dans un même lieu,

Les jardins, l'ambiance tatamis -souvent en synthétique, les portes coulissantes, le bois, matière première par excellence dans ce pays -aucun bâtiment n’est donc très vieux, on refait fréquemment, c’est un autre rapport au patrimoine,

Un temple non touristique, non payant, est fermé,

Dans les temples, il y en a tant !, des jardins, de la mousse, des arbres, des étang et leurs carpes, du sable ratissé, des rochers pour les ‘dry landscapes’, l’automne débutant, les érables à peine rougeoyant, les cyprès, les pins,

Le beau temple version zen, j’arrive cinq minutes avant la fermeture, j’étais quasi-seul, le sable ratissé, les pierres, la mousse, l'arbuste où paraît-il on peut comprendre l’harmonie entre ‘inspiration-expiration’, ‘paradis et terre’, ‘plus et moins’, ‘homme et femme’, contenu dans le son ‘aun’… un jardin où l’on ne peut voir d’un seul coup d’œil les quinze pierres posées sur le sable de graviers…un disque gravé et accueillant l’eau, quatre caractères chinois signifiant ‘I only not to be contented’, dans le jardin un Bouddha caché par les arbres,

Les svastika, symboles religieux dans les temples ou ailleurs, sont à l’envers au Japon comme le signe nazi, il est donc remplacé sur les affiches pour ne pas prêter à confusion dès que l’on a contact avec l’étranger,

La maison de thé pour la démonstration de la lente et formelle cérémonie –pratiquée à domicile, dans les temples, etc., sur tatamis, le papier japonais recouvrant des parois quadrillées coulissantes, les panneaux peints, les mots porte-bonheur sur le rouleau, un arrangement ikebana, les chaussures alignées devant l’entrée,

Les petits autels dans les rues, avec une ‘bavette’ autour de la divinité, pour protéger les enfants,

A Nara, j’essaie de contempler l’immense Bouddha, des centaines d’écoliers en visite me passent devant,

A deux heures de là, le château Himeji tout en bois, au loin on entend le cor des alpes, à la billetterie des vidéos de fêtes, des coutumes et des traditions qui semblent bien vivantes,

Parmi les souvenirs vendus, le calendrier avec la famille royale,

Les mangas dans les magasins ‘7-11’,

La langue japonaise écrite en colonnes de droite à gauche,

Les fonds de pub, les photos de cerisiers en fleurs ou d'érables parés des couleurs d’automne,

La promenade en bordure de la ville, beaucoup de ruisseaux canalisés, puis une forêt de bambous, un marche oppressante au milieu de ‘barreaux de prison’, plus loin les érables aux fines feuilles comme des étoiles, les sapins (?) comme des feux d'artifice,

Les chiens format ‘ikebana’ promenés matin et soir,

Les lignes ferroviaires privées,

Les distributeurs de boissons tous les 50 m, souvent du café froid ou même chaud,

La déco de Noël depuis le 31 octobre,

Comme en Chine, le rez-de-chaussée équivaut à leur first floor,

Deux étudiantes me disent que, contrairement au passé, les hommes écoutent maintenant les femmes,

La confiserie où l’on utilise les farines de riz et de haricots sucrés ( ? sweet beans), une musique délicate, une présentation exquise, qui a son prix,

Les restaurants dont la vitrine permet de choisir le plat, tout en plastique paraît-il, très bien fait,

Une petite ruelle, dans un café un New-yorkais prend des cours de guitare,

L‘international center, lieu de rencontre pour les étrangers de la ville, c’est la journée portes ouvertes, j’en profite pour découvrir la cérémonie du thé, des gestes très lents, silencieux, de petites quantités de thé, la position assise inconfortable, un bel arrangement ikebana dans l’alcôve,

Les kimonos portés par les femmes, les sandales en bois, pas si rare que ça, la tradition se défend à Kyoto, les bons kimonos sont chers, les hommes en ont rarement un et le portent souvent qu’une seule fois lors du mariage s’il est shinto.

 

Nagoya

L’auberge de jeunesse version japonaise, les tatamis, la salle au bain brûlant où rentrent petits et grands, après un usage intensif de savon,

Pas loin de la ville, l'usine Toyota, visitée par une myriade d’enfants… tout a un sens, le nom de Toyota lié au chiffre 8 porte-bonheur, ‘endless future and possibilities’.... beaucoup de robots pour le découpage et le perçage, des hommes-robots pour le montage, le contrôle,

Pourquoi les travailleurs japonais ne prennent pas toutes les vacances auxquelles ils auraient droit, une question à laquelle je n’obtiendrai pas de réponse......à Tokyo on me dira que c’est lié à la culture, en Europe le travail –étymologiquement tripallium, est considéré comme pénible, au Japon le travail permet l’accomplissement personnel, on se réalise par le travail, un licenciement est toujours catastrophique......mais les choses changent, dit-on, les jeunes deviennent plus individualistes.... la notion de ‘droits’ serait une notion postérieure à la période Meiji -milieu 19ème,

Les poubelles qui ne sont jamais là lorsque j’en ai besoin,

Une petite salle de karaoké visitée en dehors de heures d’affluence.... les gens achètent un programme, des boissons, et s’enferment à plusieurs dans une salle et ‘s’éclatent’,

Vu aussi, sans y dormir, un ‘capsule hotel’.... tout est fourni, depuis la brosse à dents et les pantoufles jusqu’à la TV dans ces petites capsules interdites aux claustrophobes.... les hommes d’affaire en transit sont aux petits soins pour pas cher,

Les belles étiquettes des bouteilles de saké, la calligraphie de type chinoise,

Le japonais se lit et s’écrit de droite à gauche si c’est en colonnes -fréquent pour les bouquins, revues, etc., et de gauche à droite si c’est en lignes -influence occidentale,

C’est très vert le long de l’autoroute vers Tokyo du côté des montagnes, le sommet enneigé du mont  Fuji me fait signe dans la brume ou le smog,

 

Tokyo

Une grande ville, mais pas si stressante que ça, pas trop de bousculades, pas de klaxons, ça fait une différence,

Je retrouve l'architecture cubique monotone, le passé architectural des villes européennes peut effectivement séduire,

Je sors des quartiers des grands buildings où l’on ne voit aucun pot de fleur, aucun vêtement à sécher, et voilà que le décor change, des maisons de deux à quatre étages, des petits ateliers dans les rues, où les gens travaillent parfois assis en tailleur,

Beaucoup d’étrangers dans la ville... la langue française est aussi à l’honneur, les boulangeries abondent, des restaurants japonais aussi, très high class, superbes à voir, tout en bois, petit panneau ou 'rideau' devant,

D’autres quartiers, d’autres populations, la ville compte aussi beaucoup de SDF, il y a aussi des rues sales, tout n’est pas ‘parfait’,

Ma perception du pays ‘s’humanise', l’excursion dans un temple par des handicapés moteurs cérébraux, un malvoyant se frayant un chemin -sans crainte des crottes de chiens, une trisomique souriant à sa mère dans le métro,

La visite du sanctuaire commémorant les morts de la guerre, des enfants âgés de trois, cinq et sept ans font la ‘première communion’ version shintoïste, ces rituels font des garçons des futurs bons samouraïs et des femmes des futures bonnes épouses… un lieu suscitant aussi des controverses, selon un Japonais vivant à l’étranger l’armée japonaise a commis des atrocités certes, mais pour Nankin c’est de la propagande… autre pays, autre version,

Dans un parc, un grand bâtiment où a lieu le championnat universitaire d’un art martial inconnu plutôt violent, casque obligatoire pour ne pas se faire amocher.... pas réservés les étudiants lorsqu’il s’agit de soutenir les copains......lors de la cérémonie finale, j’entends l’hymne ‘à toi la gloire, à toi la victoire’,

Le docteur Fuji, que je consulte pour d’ennuyeux problèmes  dermatologiques, son sommet est aussi blanc que la montagne homonyme,

Le cimetière aux tombes -gardant les urnes- de marbre gris,

Le musée au 53ème étage d’une grande tour, le panorama s’étale à 250m d’altitude......c’est beau à voir la nuit, ces lumières rouges qui clignotent....prière aux avions de ne pas se frotter aux gratte-ciel,

Les musées visités sont souvent bien faits, les visites guidées des groupes sont calmes, il y a fréquemment une traduction en anglais –j’aurais aimé plus de commentaires historiques,

Le Musée national -ses rouleaux, céramiques, impressions xylographiques (woodprint), la culture ‘Anui’ remise en valeur depuis 1997… l’histoire du pays me fait penser à celle de l’Europe, une ‘renaissance’, un ‘nouveau régime’ -l’époque Meiji proclamée ‘civilization and enlightment’,

Le metropolitan Museum, une surabondance d’objets, des tableaux à la touche impressionniste, symboliste, un format presque toujours identique, beaucoup de poteries, un tout quelque peu hétéroclite, rien ne me ‘choque’ vraiment, beaucoup d’harmonie dans les lignes, le dessin, divers matériaux dans un même tableau, des sculptures classiques pour les nus féminins, ‘pudiques’ pour les nus masculins,

Le Japon et son rapport à l'Occident, j’aurais pu voir une expo sur Picasso, Matisse, l’art de la Renaissance à Florence… le Japon et son rapport à l’Orient, avec une expo sur les trésors de la Chine ancienne, l’armée de Xian,

Dans le parc peuplé de SDF, une église évangélique organise, comme chaque mardi, une session de chants, les participants sont assis sur du papier journal,

Près de la gare, un petit marché, presque tout est emballé, les pommes –certes énormes, coûtent jusqu’à 2,50.- Frs pièce… certaines vendeuses adoptent une voix haute et monocorde comme en Chine,

Dans un petit bistrot, les sushi circulent en continu autour d’un banc circulaire,

Beaucoup de salons de jeux, des casinos, des grosses peluches à gagner à la tire –une dame au chignon distingué tentait aussi sa chance,

Il y a trente à quarante élèves par classe, me dit une Japonaise, elle rajoute que dans les villes, la plus grande différence avec l’Europe, ce sont l’absence de vieux bâtiments et la quantité de néons clignotant dans les rues,

Les nombreuses dames au chapeau visitant le musée, d'autres se maquillent dans le métro, beaucoup de gens lisent et pas seulement des mangas,

Les portes trop basses, je dois souvent baisser la tête,

Le Musée Edo-Tokyo, Tokyo veut dire ‘capitale de l'est’, une exposition bien faite, on y passerait des heures.... à cette époque, les fêtes étaient géographiquement liées aux temples, eux-mêmes parfois déplacés selon l’évolution urbanistique, on conservait le pouvoir en maintenant l’épouse et le fils aîné des vassaux en otages à la cour… de belles impressions xylographiques qui ont notamment inspiré Van Gogh, le plancher en bois surélevé des maisons en bois, bambou, torchis,

A l’époque il y avait plusieurs castes, celles des guerriers, des paysans, des artisans et finalement des marchands, les guerriers devenaient administrateurs en temps de paix… dans l’éducation le rôle important du confucianisme, de la langue japonaise, de la poésie, de la peinture, de la cérémonie du thé, de la danse, de la musique..........le chrysanthème, la tortue, la grue symboles de longévité ou d’éternité...... la présence d’explications en braille signifiant aux malvoyants ce qu’il y a ‘à voir’.... l’évocation du tremblement de terre de 1923, des images apocalyptiques comme après les bombes A, les rumeurs de l’époque pour trouver des coupables –on désignât les Coréens.... l’évocation de la WWII, de l’arrivée des appareils ménagers, etc.,

Le sumo hall, je n’ai pas vu de représentation, quelques panneaux expliquant ce ‘sport’ considéré comme un rituel accompagnant des fêtes shintô –pour la récolte du riz, etc,

Dans les rues du quartier hyper animé de la ville, des baraqués africains me vantent les charmes des salons chauds,

Des visages variés, puis-je dire quel est le visage ‘typiquement japonais’?,

Je continue à me perdre, mais les gens sont très serviables, comme le gendarme qui prendra une demi-heure pour repérer l’auberge de jeunesse et me dessiner un plan,

Le Musée des sciences émergentes près de l'océan, une Tokyo futuriste....des robots qui marchent, le chien qui 'réagit' aux caresses, comprendre l'humain au travers de la robotique, je lis dans le musée qu’on ne voit pas les problèmes de frontières depuis la lune, d’autres thèmes comme l’énergie des vagues, les tremblements de terre, des déchets dans l'espace –il y en aurait plus de 9000… l’arrosage et séchage automatique du popotin dans les toilettes futuristes,

La glace au thé vert plutôt amer -je préfère la version au jasmin,

Les ATM qui n'acceptent pas les cartes de crédit étrangères,

Les bouteilles d'Evian qu'on trouve partout,

Au Musée de la photo, les vaguelettes sculptées par les ondes sonores,

Les masques portés dans la rue lorsqu’on est malade,

Je quitterai le Japon sans avoir vu la campagne,

Je songe à Genève, ville qui se veut internationale, les arrêts de bus sont-ils systématiquement annoncés aussi en anglais, les gens sont-ils prêts à guider le voyageur comme ici, les expositions permanentes sont elles traduites en anglais ?

Je songe aussi au profit que font les postes avec l'envoi de cartes à l'étranger,

L’équilibre entre tradition et nouveauté me semble mieux assumé qu'en Chine urbaine qui démolit presque tout son passé… les festivals, pour les récoltes de riz, etc., sont aussi des attractions touristiques, mais un peu plus ‘habités' qu’en Chine ?,

Voyager est dangereux, grand est le risque de se construire des préjugés, alors quel tourisme pour comprendre un peu de la mentalité d’un pays ? J’imagine un circuit ‘chronologique’ pour comprendre l’histoire, sans oublier les sites importants pour ‘sentir’ la mentalité des habitants et des moments libres laissés aux rencontres … un vœu pieux, et seul et sans guide, une mission quasi impossible,

 


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