Chine, de Beijing à Chengdu

Publié le 2/02/2008 à 11:40, Chine
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CHINE 

 

Pékin

L’auberge de jeunesse dans le Hyatt hotel et ses bruits divers…ronflements, sexe, piplettage, scène de ménage,

La belle aperçue la nuit dans un taxi, comme une photo de Doisneau,

Le parc céleste, partout des concerts et des danses de salon, tai-chi, gym, 

Les glaces Nestlé dans le palais de l'assemblée du peuple, les contrefaçons Swatch à 25 yuans,

La propreté de la ville, du moins la partie touristique,

La visite de l’hôpital de médecine traditionnelle, il y a une direction bicéphale avec le parti communiste, le médecin me dit qu'il manque d’études rigoureuses pour prouver son efficacité, en réalité il y est pratiqué une médecine intégrée,

La rue peuplée de jeunes s’affichant en couple en toute décontraction…ça ne semble pas rencontrer l’assentiment de tous les aînés pour qui le mariage a été arrangé,

Le beau couple à la réception d’un hôtel de luxe,

La pudeur coquette des femmes stimulant les sens sans vulgarité,

Les hommes le nombril à l’air,

La transpiration en gravissant les escaliers de la grande muraille et ses feuillages bourdonnants,

La beauté de l’écriture chinoise, celle cursive aussi,

Le Musée de l’art moderne....au service de la politique, l’exposition Deng 100ème anniversaire de sa naissance au Musée d’histoire nationale… ou comment fabriquer un nouveau héros en concurrence à Mao,

Les changements massifs survenus en 10 ans et déroutant pas mal de gens, les nostalgiques de Mao qui prônait une société selon eux plus égalitaire…Deng aurait souhaité offrir des conditions de vie meilleures avec l’idée que les riches aideraient les pauvres,

L'accent de Pékin version ‘patate chaude dans la bouche’,

Pékin nouvelle capitale du consumérisme à outrance, certains magasins ouverts le dimanche, des show musicaux, les hauts parleurs diffusant en boucle des messages pub, il paraît que les Chinois aiment faire du shopping… quand on consomme, on pense moins et on est content ?,

Le ‘stade des travailleurs’ recevant, d’après l'affiche, la star de la pop pour un public de jeunes branchés et aux moyens dépassant ceux des travailleurs,

L’attention portée aux enfants, le magasin pour ‘new china children’,

La volonté de modernisation du pays....au prix de la culture, du moins en apparence,

La nature en pots ‘ikebana’ dans le parc jouxtant la ‘cité interdite’,

La fatigue d’être toujours regardé comme une bête curieuse,

La nomenklatura dans des hutong rénovés à grand frais et qui ne seront certainement pas démolis....juste à côté de la ‘cité interdite’ des projets d’urbanisation de quartiers un brin mégalo,

Deux sociétés cohabitent en Chine avec des revenus et des possibilités sans comparaison, les spectacles pour enfants de riches dans le théâtre municipal de la ville, le cirque pour les touristes de Hongkong dans un grand music-hall,

Le petit numéro dans la salle au plafond décoré du jardin de M. Song,

Le régal d’un massage au centre de coiffure à Hepingmen, beaucoup de petites mains, le crâne, le cou, les bras, les mains, le dos,

Les larges avenues où les voitures remplacent les cyclistes.

 

Pingyao

Les seuils des portes des vieilles demeures obligeant à lever le pied, les nombreuses et belles images peintes sur les façades des maisons de style Ming,

La difficulté à se faire comprendre lors des visites des musées, les inscriptions témoignant d’une muséologie surprenante « read slowly as you can, this exhibition gives a better understanding of chinese culture », le sentiment que le gouvernement a le souci de montrer l’unité de la nation chinoise et les bonnes relations avec l’étranger au cours de l’histoire,

La visite avec un guide un peu collant de quelques habitants de la ville, ils regrettent la période Mao considérée plus égalitaire,

Les ‘hallo one yuan’, les ‘hallo please’ à tout bout de champ,

Deux nuits enfin calmes, une petite ville sans bruit la nuit,

La beauté des fresques et des pièces en argile du temple Zengghuo,

Le thé au jasmin, la coriandre,

La population à un quart chrétienne,

Le sympathique resto musulman Hui où on voit les pâtes se faire à mesure -vraiment excellentes, je n'en aurai jamais mangé autant et d’aussi bonnes,

Les crachats peu appétissants après un profond raclement de gorge, les ‘slurp’ en buvant ou mangeant quelque chose de chaud, la mention ‘no spitting’ dans le train,

Moins de fumeurs que je ne pensais sauf dans les bus,

Les thermos et les verres fermés, le tchaï,

Les personnes âgées et leurs cheveux teints, pas seulement les femmes,

La calculette audio et le dictionnaire électronique de poche anglais-chinois du réceptionniste,

Le souvenir douloureux de la lame non aiguisée du barbier.

 

Xian

L'armée en terre cuite -des visages mais aussi des tenues de têtes différents, le film sur l'empereur en vision 360 degrés,

La belle mosquée, 

Selon Matt, un étudiant qui me donne son prénom "anglais", l’Europe est riche et propre, et les Chinois ne peuvent apprendre grand-chose du monde extérieur parce que l’histoire chinoise est déjà bien complexe… le peuple ne parle pas de Tian An Men, c’est un sujet tabou, on n’en parle pas puisque le parti a peut être fait une erreur et comme on est tous derrière le parti par souci d’unité… il dit aussi que maintenant les besoins du peuple sont comblés par la politique actuelle… que les Japonais ne sont pas aimés à cause des atrocités de guerre non reconnues dans leurs livres d’histoire,

L’unité -une seule heure, l’heure de Pékin, alors qu’il y a 4 fuseaux horaires,

Les vendeurs faisant la sieste à même les étals,

Le beau Musée d’histoire qui annonce ce que les visiteurs vont ressentir ‘ceci est fascinant, n'est-ce pas extraordinaire’,

Les ‘longs nez’ à nous, leurs chaussures à pointes à eux,

Le nombre de ‘bank industry and commercial bank’,

Le sentiment de ne pas être accueilli en Chine, que ce pays semble autosuffisant sur le plan culturel, les apports technologiques paraissent absorbés sans état d’âme,

Mon regard croise quand même quelques sourires,

Les ‘entertainment center’ pour amuser le peuple, peut-être l’opium du peuple, les façades couvertes de pub et le stress sonore villes -un environnement peu relaxant,

Le contraste entre le centre de la ville et les quartiers périphériques plus sales, plus délabrés,

La pluie qui rafraîchit l’atmosphère, 

L'internet qu’utilisent les jeunes surtout pour les jeux vidéo ou les sites porno, à peine pour les sites web étrangers,

Les portables dans les mains de beaucoup de gens qui parlent plutôt fort,

L'obésité de certains enfants ‘nouveaux riches’,

Le jour où je fais le ‘calimero’ en écrivant un courriel à des amis, je suis ‘entendu’ puisqu’on me dit trois fois ‘welcome in china’,

Dans une librairie étrangère une personne me raconte qu'elle est chrétienne, que les sculptures -statues de divinités, qui m’intéressent sont de la superstition, maintenant on jouit de la liberté de culte, me dit-elle,

Les sachets en plastique qui emballent tout,

La foule immense à la gare lors de l’embarquement pour Dunhuang,

Le chauffage au charbon,

La pub qui recouvre les façades.

 

Dunhuang

Un réveil de rêve dans le train –faute place j’étais contraint de faire carpe noctem en 1ère classe, des pâturages, des moutons, des bergers, et peut-être des ruines de la grande muraille, et presque pas de pub,

La foule avec ses sacs en jute cirée dans le train ‘compartiment assis dur’ -il y a bien plusieurs classes en Chine,

Le panneau de photos en uniforme des personnes travaillant à la gare routière,

Le boulier dans la pharmacie,

Les gens jouant aux cartes, aux dominos,

Ici, pas de harcèlement touristique,

La diversité des visages en Chine,

Une constante hôtelière, la brosse à dents, les sandales de taille diverse,

Le tai-chi, la gym et les exercices militaires côte à côte dans la cour entre 7h et 9h du matin avec une musique passant du romantique au tonique,

Le vieux, me souriant, avec son petit-fils sur son vélo,

Les cheveux blonds, les cheveux noirs pour se démarquer ou rester dans le rang, ou peut-être soigner une image,

Les superbes et magnifiques grottes de Mogao -la main aux doigts délicats du Bouddha, un autre bouddha endormi, les fresques avec les anges, la guide pas vraiment compréhensible bien qu’ouvrant très grande sa bouche,

Le tofu, les baguettes, le yoghourt, le thé,

Le sentiment de ne pas être dans un pays communiste,

La salle de danse le soir -les pas  lents, un mélange de tango-valse-rock,

Le sentimetn que la Chine paraît incontournable dans le concert des nations,

Le calme de la visite privée -j'étais seul, d'autres petites grottes aux belles peintures,

La peine à supporter les crachats -y en aurait pas à Taiwan, me disent des touristes,

On plagie, on copie, apparemment sans scrupules, une clé de compréhension me manque,

Les couchettes du train sont ‘molles’ ou ‘dures’, on ne parle pas de première ou deuxième classe,

Des éoliennes sur le trajet vers Urumqi.

 

Urumqi

Le Chinois aisé qui me conduit dans sa belle voiture jusqu’à ce que je trouve un hôtel, je suis un occidental donc on m’amène d’abord dans des trois étoiles,

Le Musée provincial -comme partout, des commentaires évoquant l’amitié entre les peuples, des justifications par ‘a+b’ que les Chinois ont toute légitimité à être là,

Des visages variés et plaisants au regard, des Ouïgours aussi,

Je passe par un chantier, les travailleurs travaillent 7 jours sur 7, ô Chine, pays hyper capitaliste,

Un grand magasin, le piano à queue blanc et son pianiste à la Claydermann pour les clients chic,

La climatisation terrible dans le train pour Kachgar, la frustration de ne pas être entendu lorsque je demande en vain qu'elle soit diminuée.

 

Kachgar

La poussière partout, l’époussetage quotidien,

Des visages beaux et variés,

La vieille ville, ses demeures aux balcons délabrés en bois sculpté, les intérieurs en stuc à l'orientale -des enfants m'ont invité à voir chez eux, avec des niches  pour la vaisselle,

Le bras levé de Mao dominant la place du peuple, l’éclairage aux lampions, l'animation le soir –des montgolfières avec de la pub y compris pour Bayer, le cinéma en plein air, le spectacle pseudo folklorique en deux langues,

L'heure locale et l'heure de Beijing, les deux écritures, les deux populations qui vivent côte à côte sans se mélanger,

La visite d’une classe chinoise, des élèves de 11 ans, 64 dans une petite classe, une leçon d'anglais épique dans un sacré brouhaha, une autre de sciences sociales –du matériel où l’on voit des photos de fusée, la technologie, des paysages, des lieux touristiques etc, des portraits de Mao et Deng au-dessus du tableau, et dehors des représentations ‘socialistes’ du futur brillant d'une Chine hypermoderne,

L’élève chinoise qui me demande ce que signifie le geste de la main droite portée sur le cœur,

La visite d’une autre école, ouïgour, les affiches avec les images invitant les élèves à ne pas faire confiance aux chefs religieux trop rigides,

Les panneaux montrant les projets d'urbanisation -ou comment siniser une région en prenant son temps, en offrant un habitat standard avec des supermarchés etc, de quoi étouffer peut-être la culture locale,

La place rénovée, aseptisée, et la mosquée,

Les belles femmes – un voile, un foulard ou rien sur la tête, leurs robes à paillettes,

Les galettes de pain, le raisin, les figues fraîches,

Lu près de la gare routière "resist bacteria hotel",

Une salle techno en plein après midi, pas loin de là une autre salle disco avec des jeunes en patins roulettes,

Une touriste chinoise veut se faire photographier à côté de vieux sages ouïgours qui s'en vont prestement,

L'illettrisme du chauffeur de taxi pour la langue chinoise –je n’irai pas là où je voulais me rendre, mais je découvre un beau mausolée,

Le marché du dimanche, les bêtes qui bandent sous un soleil de plomb, le voltarène en vente libre avec planches anatomiques des articulations à l'appui, la poudre de lézards séchés etc,

Le ‘briefing’ du personnel hôtelier debout en rang, dehors,

La musique genre Garfunkel ou version sirupeuse diffusée par haut-parleur du préau d’école comme à chaque début de semaine scolaire,

L'aspect ‘rapetou’ de certains Chinois avec leur coupe au carré,

L’escapade non réalisée au lac Karakul -le bus partait trop tard,

Les belles demeures de la rue Ordeshki, les ruelles tunnellisées de la médina, les rideaux aux portes –l’intimité préservée des maisons, 

Une Chine à deux vitesses, il n’y a qu’à voir les prix,

Être touriste, qu’est-ce à dire lorsqu’on n’y comprend rien à la réalité du pays, lorsqu’on trimballe son appareil photo, les baskets aux pieds, la casquette vissée sur le crâne ?

Et pour la suite, quel itinéraire choisir ?,

La recette inconnue du thé ouïgour avec des substances comme ‘latschindani kaliroutch akmutch zira pilpil kamouritchin, yakschmzez, rachmed, umdaimra amanet’, des mots ouïgour qui provoquent de larges sourires.

 

Bayanbulak

La route vers Yining avec les meules de foin, la production à ciel ouvert de farine de patates, le dispensaire aux conditions "africaines",

Le passage par le lac Sailimu avec dodo dans un pseudo yourte tenue par trois bergers chinois, une ambiance sympa le soir, et le lendemain une vraie scène de ménage, et monsieur qui ose me demander 300 yuans, je repars fâché,

Le maïs étalé le long des routes,

On me prend pour un Américain,

La culture chinoise semble juxtaposée à la culture locale considérée comme du folklore  "dépassé", leur héritage culturel est-il revu à la sauce Disney ?,

Les pâtes, elles, restent produites à l'ancienne,

 

Yining

De passage, un Ouïgour me dit que l'anglais n'est pas enseigné en middle school pour les Ouïgours puisque la 2ème langue est déjà le chinois, il me demande si je connais les problèmes politiques auxquels sont confrontés les Ouigours,

A la gare routière, la pincette qui tente de voler mon porte-monnaie, une seconde de plus et tout était loin, et personne ne réagit lorsque je crie,

Le plaisir de goûter la glace et le beignet à la courge dans un beau restaurant ouïgour.

 

Kachgar bis

Impossible de retourner au centre du pays sans avoir vu les montagnes presque himalayennes même ça coûte en temps et en argent,

L’avion qui s’envole dans les airs plus ponctuellement qu'une montre suisse, dans l'encas qui y est servi, il y a du chocolat suisse "Le Conté" que je ne connaissais pas,

Près de la frontière avec le Pakistan, une météo plutôt pourrie, juste un brin de soleil pour voir les roches rouges, quelques pâturages avec yaks et chameaux,

La musique diffusée par haut-parleurs dans les rues de Tashkurgan, à l’hôtel l’émission TV –un regard critique, qui traite du vécu des années 60’ pour les personnes ayant passé par la révolution culturelle, 

En redescendant, la splendeur des montagnes enneigées lointaines, pourtant de loin même ce qui a été grandiose paraît soudainement bien petit,

Les USA, un ‘grand frère’ à qui ressembler et à dépasser,

La Chine du yin et du yang, ma difficulté de voir en quoi cette spécificité se reflète dans un quotidien plus proche en apparence d’un ‘american way of life’,

L'obstacle de la langue, le mystère de la Chine me reste inaccessible,

Je croise d’autres touristes, on me dit que la Chine prend son temps pour réaliser ses rêves d’hégémonie, avec une mainmise progressive sur les provinces riches en minéraux comme le Tibet par exemple,

Le voyage comporte un grand risque, celui de penser que l'on connaît un pays après en avoir vu un bout,

Paradoxe, la Chine ‘non chinoise’ me plaît.

 

Entre Kachgar et Urumqi

L’étendue des montagnes enneigées vue d’avion,

La discussion avec des Chinois anglophones -ils me disent que les cheveux teintés sont un phénomène récent ‘c'est pour rester jeune’, que les droits et la protection des travailleurs existent mais ne sont pas toujours respectés notamment sur les chantiers, qu’il n’y a pas d’opposition politique dans la mesure où l’élévation du niveau de vie répond aux besoins quotidiens,

Selon eux, la révolution culturelle -livres brûlés, un seul vêtement, une seule musique autorisée, etc., est vue comme une mauvaise période, le trend vers plus d'individualisme est considéré comme normal… tout le monde n’a pas la même vision du monde, la Chine n’est pas monolithique mais à visages multiples, il y a un intérêt pour l’Europe sur le plan culturel –peut-être la journaliste du ‘china daily’ parlait-elle de la classe aisée.

 

Entre Urumqi et Lanzhou

Depuis le train vers Lanzhou, les couleurs du désert au soleil couchant, les mômes adorables,

Le jour où les vieux cesseront de se teindre les cheveux -décidément ce thème est récurrent, la Chine découvrira qu'elle est une nation vieillissante,

Discussion avec une Chinoise qui me dit que le divorce facilité est une mauvaise influence de la société occidentale, que Bush une personne tout à fait convenable puisqu'il est venu à Pékin parler des droits de l'humain et de la paix, elle n’a peut-être pas pu voir Fahrenheit 9/11 qui existe en version copiée,

Dans le train toujours, les rasoirs électriques le lendemain matin pour les trois poils apparus dans la nuit, les petites serviettes sagement alignées, des passagers charmants qui me flattent en me disant que je fais plus jeune que mon âge,

L'image de la Suisse, les montres, parfois les couteaux, le rappel omniprésent de l’Helvétie dont la croix blanche est utilisée pour signaler la présence d'un lieu ‘santé’,

Les socquettes beiges transparentes de presque toutes les dames, la musique -Claydermann, Strauss, Boney M, la variété chinoise etc., constamment présente dans le train sauf pour dormir,

Les maisons de campagne en briques de terre cuite, la version plus aisée avec catelles blanches et parfois des encarts aux motifs divers -arbres, fleurs, etc,

Le voyageur qui affirme 'you are rich and we are a developping country',

On passe par dessus le fleuve jaune -il l'est vraiment avec tout le limon qu'il charrie,

Les chefs de gare des petites stations au garde à vous lorsque passe le train sans s’arrêter,

Les nombreuses personnes assoupies dans le train,

Partout des panneaux, des chantiers ‘grands projets nationaux’, la Chine veut être une grande nation moderne, songeons aux Jeux Olympiques de 2008…. servent-ils aussi les intérêts des minorités qui ont un autre style de vie ?

Dans un journal en anglais -offert par la journaliste du ‘China Daily’ car autrement on n'en trouve pas, je lis un article sur la nouvelle mobilité qu'apporte l'acquisition d'une voiture et la disparition des bicyclettes…un autre sur le patriotisme -à ne pas confondre avec le nationalisme, à cultiver après le 'siècle d'humiliation qui a suivi la guerre de l'opium’,

Dans ce journal, un autre article sur le coût élevé de l’éducation et les risques d’inégalités sociales, ou celui sur le programme pour rendre indépendants les 290 000 chômeurs que compte Pékin, sans oublier celui évoquant Taiwan qui ‘se trompe en clamant son désir d’Indépendance’,

Mes craintes un peu parano -je me sens comme une goutte dans un océan chinois, s'estompent un peu lorsque je constate que tout le pays n'est pas encore à l'image des grandes villes visitées au début,

L’attente du train à Lanzhou, le touriste israélien me parlant de la Mongolie devant sa page internet,

Les plantes vertes aux balcons vitrés,

Les couples mariés photographiés à la chaîne dans un petit parc.

 

Xining

Une ville provinciale plus pauvre, mal éclairée la nuit, plus sale, plus sympa aussi, dans une région à majorité musulmane –‘Allah Akbar’ me réveille à 5h 30 du matin,

La ‘putze’ matinale quotidienne, beaucoup de poussière, de boue,

Je me pète aux pastilles, aux diverses vitamines, au ginseng -pas facile à trouver puisque c’est considéré en Chine comme un médicament de luxe, et des pastilles contre la bronchite au contenu inconnu.

 

Tongren-Xiahe (en boucle)

La campagne, les Hui –musulmans, qui font de la bonne cuisine, bonnet blanc ou foulard comme couvre-chef,

Dans le bus imprégné de l'odeur de beurre de yak, des Tibétains, parfois en costumes traditionnels, les cheveux tressés, des chapeaux et de grands sourires, j’imagine ainsi le Pérou,

Des Chinois Han aussi, dont les femmes portent quasi tout le temps des pantalons,

Les toilettes de la gare routière, juste des ‘trous’ sans portes, indescriptible,

Musulmans ou Tibétains, les signes de religiosité sont plus ostensibles, comme si je n’avais plus besoin de comprendre la langue, ils paraissent plus authentiques, peut-être un mythe pour le touriste occidental cherchant un retour aux sources qu'il a perdues chez lui ?

Depuis le bus, le plaisir de voir de vastes espaces inhabités -sur la carte, des points très rapprochés pourtant....des montagnes, des collines, du désert, des steppes noyées dans la brume ou la pluie,

La Chine rurale et ses milliers de bottes de foin fauchées souvent à la main , les cultures en terrasses, les couleurs d'automne, les maisons parfois entourées d'un haut mur carré, des cadres de fenêtres en bois sculpté, le portail décoré  en bois ou en faïence, les inscriptions 'porte-bonheur',

Les villages Tibétains, les stupas, les temples, les yaks, les chèvres et les moutons,

La route éreintante menant à Tongren, les artistes peignant de beaux thangka –des peintures bouddhiques,

La discussion avec un jeune Tibétain qui me dit que la situation économique des Tibétains est médiocre, beaucoup de mendicité, des femmes battues, les enfants des régions de pâturages sont scolarisés tardivement…il y a peu de conflits avec les Chinois, plus avec les musulmans –une querelle pour le prix de la viande ?

Il me raconte que les Tibétains qui se sont fait un nom sont systématiquement envoyés ailleurs, leur influence sur la vie locale en est réduite et s’ils reviennent, c’est avec l’esprit sinisé…aucun bon poste ou job n’est accessible si on ne maîtrise pas le chinois -les Tibétains apprennent le chinois et l'anglais en plus de leur langue,

Les mariages sont en général arrangés dans les campagnes, l’autorité du père est importante…la couleur de peau plus foncée distingue les Tibétains des Han…une radio indienne donne parfois des nouvelles du Dalaï-lama,

Tongren, une petite ville où les rues sont soit ‘chinoises’ soit ‘tibétaines’, on ne semble pas se mélanger beaucoup

… il y aurait une Française diplômée en anglais qui enseigne, à l'instar de beaucoup d'autres, l'anglais aux Chinois avides de l’apprendre,

Comme partout des enseignes publicitaires -notamment dans les restos, des images paradisiaques de montagnes enneigées, de grasses prairies, de lac aux eaux bleues, des images de nourriture bien colorées, l'office du tourisme suisse le sait peut-être déjà,

Xiahe, une visite guidée du monastère tibétain, dans un anglais incompréhensible, rires avec les jeunes moines en pause jouant avec une plume lestée, la carte signée de caractères tibétains

… les exercices de danse pour le prochain nouvel an au son d’une sorte de cor des alpes, la statuaire en beurre de yak, les masques rangés pour la prochaine cérémonie

 …les moines peuvent étudier la philosophie, la médecine tibétaine –absorbée plutôt per os alors que la médecine chinoise utiliserait plus facilement les aiguilles,

Le dialecte chinois parlé dans la région ne ressemble pas du tout à celui de Pékin,

Partout de larges routes se construisent, un pays bientôt couvert d’autoroutes,

Les klaxons des taxis et des bus cherchant des clients dès l'aube,

La question du sens d’être touriste....découvre-t-on ce qui est important ? Une fraternité au-delà des barrières linguistiques existe-t-elle ? Les gens du pays ont-ils vraiment à faire de notre présence ?

 

Chengdu

Le train de nuit de Lanzhou à Chengdu, son ‘broadcasting-room’ nous abreuvant non-stop de musique sirupeuse à souhait sauf pour dormir –une musique d’ailleurs omniprésente, même dans les magasins… du personnel en grand nombre pour le nettoyage, l'eau chaude à volonté, le ton particulier des vendeurs de bricoles,

La lassitude de voir et d’entendre un profond raclement de gorge –un monsieur se coupe les ongles, mange la bouche ouverte en slurpant bruyamment, se récure les oreilles, pour lui aussi mon comportement n’est sans doute pas ‘culturellement correct’… quand je suis fatigué, je deviens plus ‘crispé’,

Sociables les Chinois, ils discutent volontiers entre eux, semblent moins coincés que nous, inter- ou intra-genres, accessoirement ils mangent très vite, je passe pour un lent à côté et ce n’est pas seulement parce que j'utilise mal les baguettes,

Depuis le train, un panorama de cultures –des céréales, du mais, du riz, en terrasses à flanc de coteau- chaque parcelle de terre semble exploitée,

Les vélos, les clochettes des cyclo-pousse, le marché aux poissons, les grenouilles, les tortues dans les bacs -la SPA n’a pas passé par là,

Le centre de recherche et d’élevage de pandas, des animaux touchants par leur maladresse et leurs jeux, ils sont offerts au public comme des jouets mais c'est un animal de prestige pour la Chine…dans le parc, des panneaux de penseurs comme celui disant que la santé d’une nation se juge à la manière dont elle traite les animaux,

Le temple bouddhique de Wenchu avec ses représentations 'trinitaires' du Bouddha passé, présent et futur, les lampes hexagonales aux motifs 'chinois', le rouge et le noir, les tuiles, les bougies, l'encens,

Le centre funéraire, les urnes, la musique style fanfare, on se prosterne les mains jointes - un geste universel,

La maison de thé et les plafonds décrépis, je suis content de voir du ‘vieux’, le tricot et les jeux de cartes, les clients et leurs portables consultés à tout bout de champ,

Les vieilles maisons complètement délabrées et ‘promises’ à la démolition pour laisser place à la ‘Chine moderne’,

La nature mise en pots…on prépare le 1er octobre fête nationale,